Le 24 octobre 2018

Allocution prononcée devant l'assemblée législative par
l'honorable Lisa MacLeod

Ministre des Services à l'enfance et des services sociaux et communautaires

Obligation de signalement des cas de mauvais traitements à l'égard d'un enfant
Mois de la prévention du mauvais traitement des enfants


Monsieur le Président, le mois d’octobre est le Mois de la prévention du mauvais traitement des enfants en Ontario et je crois fermement que nous devons saisir l’occasion de faire la clarté sur la maltraitance des enfants et des jeunes les plus vulnérables.

Chaque enfant devrait se sentir en sécurité, aimé et protégé.En tant que ministre responsable des enfants et des jeunes, je suis fière qu’on m’ait demandé d’assumer ce rôle. Rien n’est plus valorisant qu’intervenir en faveur des jeunes et des familles de la province.

Nous portons des vêtements et des rubans violets pour rappeler que tous les membres de la collectivité jouent un rôle auprès des enfants et qu’il est essentiel de les protéger.

Nous savons que nous ne pouvons et ne devrions pas accomplir ce travail seuls, et c’est pourquoi je m’adresse à vous aujourd’hui, les membres de l’Assemblée, les professionnels qui travaillent avec les enfants, les voisins, les amis, la famille et les collègues.

Les mauvais traitements à l’égard des enfants sont probablement l’une des pires choses, l’une des choses les plus tristes qui existent dans notre province, et partout au Canada.

Mon ministère est le ministère des Services à l’enfance et des Services sociaux et communautaires, lequel est responsable de la condition féminine, de la réduction de la pauvreté, des affaires civiques et de l’immigration. On m’appelle souvent la ministre de bien des choses.

Mais la réalité est, que parfois dans mon ministère, nous ne voyons que des larmes. Des situations très tragiques touchent les personnes les plus vulnérables de l’Ontario et nous sommes la première ligne, nous sommes en effet le « cœur » du gouvernement.

Je rappelle à mon personnel, lorsque quelqu’un appelle ou envoie un courriel, que nous sommes souvent leur dernier recours.

L’une des choses que j’ai observées au cours des quatre derniers mois de mon mandat à titre de ministre des Services à l’enfance et des Services sociaux et communautaires, c’est que les mauvais traitements infligés aux enfants peuvent prendre plusieurs formes.

J’ai visité des maisons d’hébergement pour les femmes, j’ai vu des vies détruites par la violence à leur égard, et ce n’est une surprise pour personne qu’il arrive souvent que ces femmes aient des enfants avec elles et qu’ils aient de sérieux problèmes de santé mentale.

L’un des petits secrets peu reluisants de la province et de ce pays est la traite des personnes. Et, dans la province, la plupart des personnes qui en sont victimes sont des filles de moins de 18 ans. C’est de la maltraitance.

Je parle à des gens de tous les secteurs de la société, à des responsables de l’application de la loi, aux personnes des communautés religieuses, du secteur privé et du secteur à but non lucratif, et je constate qu’elles font une différence, car elles contribuent à construire un filet de protection social fort au sein de leurs collectivités.

Pour protéger contre les mauvais traitements à l’égard des enfants.

Pour lutter contre la traite des personnes.

Pour remplir l’obligation de signalement de ces gestes haineux.

J’ai grandi dans la petite ville de New Glasgow en Nouvelle-Écosse et j’ai appris à un jeune âge que le gouvernement ne peut ni ne devrait tout faire tout seul.

Tous les membres de cette Chambre ont le devoir d’appuyer ce type d’initiative, mais il importe avant tout d’entendre la voix des gens à l’extérieur.

Les voix à l’unisson.

Lorsque les 600 personnes d’une salle comble à Cornwall où j’étais la semaine dernière se sont levées pour dire non aux mauvais traitements à l’égard des enfants, il faut que les 13 millions d’autres personnes de la province fassent de même. Il faut que ces 13 millions d’individus se lèvent avec elles pour éradiquer cette pratique ignoble.

Cet appui n’est pas important que pendant le Mois de la prévention des mauvais traitements des enfants. Nous avons tous entendu de telles histoires. Nous connaissons peut-être même quelqu’un qui a été maltraité, ce qui importe, c’est la manière dont nous réagissons.

Ce sont les gestes que nous posons qui comptent. Pour nous, pour prévenir les mauvais traitements aux enfants, il faut bien entendu avoir de l’argent, c’est partout pareil. Mais ce qui importe plus que l’argent, c’est le temps. Nous devons tous briser le silence.

Si vous soupçonnez un cas, signalez-le.

Ce sont les faits. Les mauvais traitements peuvent être de nature physique, psychologique ou sexuelle.

Les signes de violence physique peuvent inclure les ecchymoses ou les coupures inexpliquées ou suspectes. Donner des coups de poing, donner des tapes, battre, secouer, brûler, mordre ou lancer un enfant sont tous des exemples de mauvais traitements.

L’utilisation d’une ceinture, d’un bâton ou d’autres objets pour punir un enfant peut causer des blessures graves et est de la maltraitance.

J’ai reçu un rapport du coroner de l’Ontario le mois dernier.

Nous avons perdu 12 jeunes qui avaient été confiés aux soins de la province entre 2014 et 2017. La plupart de ces enfants se sont suicidés. Et les filles avaient soit fait l’objet de traite ou d’abus sexuel dans leur propre foyer.

Nous devons être les yeux et les oreilles de ces enfants. C’est notre responsabilité d’adultes.

Ce n’est pas celle du gouvernement, de la police, de l’église et des entreprises. C’est celle des individus.

La meilleure façon de protéger les enfants est effectivement d’agir de cette manière.

C’est la loi.

Vous trouverez les coordonnées de votre société d’aide à l’enfance locale en composant le 411, le cas échéant.

Les sociétés de l’aide à l’enfance peuvent recevoir vos appels 24 heures sur 24, 365 jours par année.

Vous pouvez également vous rendre sur le site Web du ministère des Services à l’enfance et des Services sociaux et communautaires à l’adresse Ontario.ca/halteauxmauvaistraitements pour plus de renseignements.

La responsabilité de bâtir une société compatissante ne revient pas qu’au gouvernement. C’est la responsabilité de tout le monde.

Enfin, si je puis vous demander une seule chose, c’est de bien écouter ce message :

C’est un sujet délicat.

Or, nous devons en parler, nous devons éliminer les obstacles et discuter tous ensemble. Ce n’est qu’en unifiant nos voix et qu’en parlant haut et fort que nous parviendrons à lutter contre ce fléau.

Et je suis persuadée que les citoyennes et citoyens de l’Ontario y parviendront.

Je vous remercie.

L’honorable Lisa MacLeod
Ministre des Services à l’enfance et des services sociaux et communautaires