Les mythes et les stéréotypes

Les normes sociales peuvent avoir une influence sur nos attitudes, nos croyances et nos comportements et elles peuvent façonner notre compréhension ainsi que nos hypothèses à l’égard de ce qui est acceptable et de ce qui ne l’est pas. Il y a plusieurs mythes et stéréotypes envers les communautés LGBT2SQ qui, si elles ne sont pas remises en question, ont un effet néfaste sur les enfants et les jeunes LGBT2SQ.

La formation et l’éducation peuvent contribuer à dissiper les mythes et à créer des milieux affirmatifs et inclusifs qui reconnaissent les réalités des enfants et des jeunes LGBT2SQ. Les préposées et préposés à la protection de l’enfance et les dirigeantes et dirigeants du bien-être de l’enfance, les fournisseurs de services en établissement et les fournisseurs de soins peuvent renforcer les pratiques affirmatives en donnant des exemples de comportements appropriés, en s’élevant contre les gens qui perpétuent les mythes et en intervenant lorsqu’ils sont témoins de comportements qui encouragent la discrimination.

Voici quelques idées fausses et mythes courants au sujet des enfants, des jeunes et des communautés LGBT2SQ ainsi que des faits pour les contrebalancer. Les fournisseurs de services de protection de l’enfance, les dirigeantes et dirigeants et les fournisseurs de soins peuvent se demander quelle a été l’influence de ces mythes sur leur propre réflexion ainsi que sur la culture organisationnelle de prise de décisions qui concernent les enfants et les jeunes LGBT2SQ, et quelles ont été leurs conséquences sur la conception des services destinés aux enfants et aux jeunes LGBT2SQ :

Mythe Fait

« Je ne connais aucune personne LGBT2SQ. »

On estime qu’environ 10 % de la population fait partie des communautés LGBT2SQ et la recherche indique qu’environ une famille sur quatre compte un membre qui s’identifie aux communautés LGBT2SQ52. Des recherches donnent à entendre que les enfants et les jeunes LGBT2SQ pourraient représenter plus de 10 % de la clientèle des services de bien-être de l’enfance en raison du rejet par la famille et d’autres facteurs de risque53. De plus, le sondage d’Egale intitulé First National Climate Survey on Homophobia, Biphobia, and Transphobia in Canadian Schools54 a révélé que plus de 14 % des élèves s’auto-identifiaient comme des personnes LGBT2SQ. Il est important de ne pas oublier que ce ne sont pas toutes les personnes LGBT2SQ qui sont ouvertes au sujet de leur diversité sexuelle et/ou de genre pour différentes raisons, notamment pour des questions de sécurité et à cause d’un manque de soutien.

« Le sexe et le genre, c’est du pareil au même. »

Bien que le sexe/sexe assigné et le genre soient souvent des notions apparentées, ce n’est pas la même chose. Le sexe/sexe assigné est la classification d’une personne comme étant de sexe masculin, féminin ou intersexuée selon les caractéristiques biologiques, tandis que le genre est fondé sur l’expérience intime et individuelle de la personne.

« Les ados sont trop jeunes pour connaître leur orientation sexuelle et leur identité de genre. »

Les recherches ont montré invariablement que l’âge moyen de la prise de conscience de l’identité lesbienne, gaie ou bisexuelle est de 10 ans. La recherche confirme que les enfants deviennent conscients de leur identité de genre vers l’âge de trois à cinq ans55.

« On peut changer l’identité d’un jeune LGBT2SQ. »

Être une personne LGBT2SQ n’est pas un choix ni une phase. Les experts en médecine et en psychologie s’entendent pour dire que les tentatives pour changer l’orientation sexuelle et/ou l’identité de genre d’une personne ne fonctionnent pas et qu’elles causent souvent du tort56.

« Les jeunes deviennent LGBT2SQ à cause de leurs parents. »

Comme nous ne pouvons pas expliquer ce qui rend une personne hétérosexuelle ou cisgenre, nous ne pouvons pas comprendre ce qui rend une personne LGBT2SQ.

« Les transgenres sont juste mêlés à propos de leur genre. C’est rien qu’une phase. »

Les personnes ne choisissent pas d’être transgenres, comme les autres personnes ne choisissent pas d’être cisgenres. La recherche indique qu’on ne peut pas changer l’identité de genre par des thérapies qui sont conçues pour qu’une personne « corresponde » à son sexe/sexe assigné57.

« L’identité de genre et l’orientation sexuelle, c’est du pareil au même. »

L’identité de genre et l’orientation sexuelle sont deux aspects complètement séparés de l’identité d’une personne. L’identité de genre est l’expérience intime et individuelle qu’a la personne de son genre, tandis que l’orientation sexuelle se rapporte à l’attirance que la personne ressent.

« Une personne est soit “straight”, soit “gaie” ».

De nombreux experts considèrent que l’orientation sexuelle est variée et fluide, en reconnaissant que de nombreuses personnes ne sont pas exclusivement homosexuelles ou hétérosexuelles.

« Une personne bisexuelle, c’est rien qu’une personne mêlée. »

Une personne qui s’identifie comme étant bisexuelle ressent une attirance envers des personnes de plus d’un sexe/sexe assigné ou genre. Cela ne veut pas dire qu’elles sont confuses à propos de leur orientation sexuelle.

« Je peux le dire si une personne est LGBT2SQ. »

Cette prémisse s’appuie sur l’hypothèse erronée selon laquelle toutes les personnes LGBT2SQ présentent un comportement que la société juge stéréotypé. De nombreuses personnes qui s’identifient comme des personnes hétérosexuelles (ou « straight ») présentent des maniérismes ou des comportements que la société considèrent « gais ».

« La sortie du placard est un événement qui n’arrive qu’une fois. »

L’affirmation de son identité est un processus constant et quotidien dans lequel les personnes LGBT2SQ décident comment exprimer leur identité/orientation et à qui elles désirent la révéler.

« Toutes les personnes LGBT2SQ ont vécu une mauvaise expérience pour devenir comme ça. »

Il n’y a pas de données probantes qui établissent un lien entre la maltraitance des enfants et l’orientation sexuelle ou l’identité de genre à une étape ultérieure de leur vie.

« Les enfants qui sont élevés par des parents du même sexe sont plus susceptibles de devenir eux-mêmes des personnes LGBT2SQ. »

La recherche a permis de conclure que les enfants qui sont élevés par des parents du même sexe ne sont pas plus ou moins susceptibles de devenir des personnes LGBT2SQ que les enfants qui sont élevés par des parents hétérosexuels58.

« Il n’y a plus de discrimination envers les personnes LGBT2SQ. »

De nombreux enfants et jeunes subissent ou constatent régulièrement des actes ou des propos dénigrants à l’endroit des personnes LGBT2SQ et ils se battent chaque jour contre les attentes cissexites à l’égard du genre.

« Les LGBT2SQ sont une communauté. »

Les personnes LGBT2SQ sont aussi diversifiées et intersectionnelles que les populations non LGBT2SQ. Les personnes de n’importe quelle race, ethnicité, appartenance religieuse ou spirituelle, langue, âge et capacité peuvent s’identifier comme des personnes LGBT2SQ. Lorsqu’on fait allusion aux groupes LGBT2SQ, il est plus approprié de parler des communautés LGBT2SQ.