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Accès aux services appropriés

Outre le problème de surreprésentation, de nombreux témoignages ont également évoqué un accès inadéquat aux services appropriés pour les jeunes autochtones. Ce problème urgent varie du manque de services en milieu résidentiel à proximité raisonnable des collectivités des jeunes à l’accès limité à des programmes culturels ou à un accompagnement spirituel, en passant par des attitudes racistes et une insensibilité au contexte historique des jeunes autochtones.

Le manque d’options de placement dans des milieux résidentiels situés à proximité raisonnable des collectivités des jeunes est fréquemment cité comme un problème nécessitant une attention urgente. Un organisme du Nord a ainsi rapporté qu’il avait dû déployer des efforts considérables pour « rapatrier » des jeunes placés dans des milieux résidentiels du Sud de la province. Outre le fait que ces jeunes étaient coupés de leurs familles, de leurs amis et de leurs collectivités, le personnel a également fait état des défis inhérents au contrôle de la qualité des services ou de la pertinence des traitements.

Différents jeunes, membres du personnel et parents de famille d’accueil avec lesquels le Comité s’est entretenu ont évoqué le problème de l’inadéquation culturelle de certains milieux résidentiels. D’après plusieurs jeunes autochtones, rares sont les menus qui incluent des plats traditionnels issus de leur culture. Ce point s’est révélé particulièrement problématique pour plusieurs jeunes inuits amateurs de poisson. Certains jeunes non autochtones ont eux aussi mentionné que leurs camarades autochtones regrettaient beaucoup la « cuisine de chez eux ». Par ailleurs, les jeunes et le personnel ont parfois évoqué l’accès limité à certains programmes culturels. Le manque de soutien spirituel est, quant à lui, cité comme particulièrement problématique du fait de son importance potentielle pour certains jeunes. Les problèmes identifiés lors des entretiens avec le Comité font écho à plusieurs des thèmes qui sont ressortis de la consultation menée dans le cadre du mouvement Les plumes de l’espoir. En effet, lors de cette consultation, des jeunes des Premières Nations ont déclaré qu’il était essentiel de « relier les jeunes autochtones à leur culture et leur identité et de décoloniser [leurs] esprits » grâce à des liens plus forts avec leur famille et à des possibilités d’apprentissage de leur langue, de participation à des cérémonies communautaires et d’intégration des connaissances traditionnelles dans les systèmes de santé, de guérison et d’éducation.

Les remarques au sujet de situations perçues comme racistes ou du manque de sensibilisation au contexte culturel et historique soulignent l’importance cruciale de la mise à disposition de ressources qui seront gérées soit par des communautés autochtones, soit par du personnel formé et encadré, de manière à pouvoir fournir le soutien et les services appropriés. Certains jeunes autochtones ont confié avoir eu le sentiment de recevoir un soutien adéquat lorsque le personnel encourageait les pratiques de guérison traditionnelles et semblait comprendre certains défis auxquels ils sont confrontés en tant que jeunes autochtones. Le Comité s’inquiète, toutefois, de quelques expériences moins positives relatées, et notamment d’une situation où deux jeunes se sont vu interdire de communiquer ensemble dans leur langue maternelle. Même s’il existe des situations où il peut s’avérer important pour le personnel d’être en mesure de surveiller les conversations des jeunes, des solutions de rechange devraient être envisagées étant donné notre histoire de restrictions abusives à l’utilisation des langues vernaculaires dans les pensionnats.

Plus généralement, un certain nombre de fournisseurs de services et d’organismes ont indiqué au Comité qu’il était, selon eux, essentiel de continuer à adapter les structures juridiques, réglementaires et financières qui favorisent le contrôle des services offerts aux jeunes autochtones par des communautés autochtones. Des organismes métis ont notamment évoqué le manque de mécanismes législatifs et financiers spécifiques aux communautés et aux jeunes métis. Au sein de la province, un grand nombre de services de bien-être de l’enfance sont toutefois dispensés par des organismes autochtones en milieu urbain et des organismes des Premières Nations, mais ces derniers déclarent manquer de ressources pour répondre pleinement aux besoins de leurs communautés. Dans le secteur de la justice pour la jeunesse, un établissement de garde et de détention en milieu fermé réservé aux Autochtones à Fort Frances ainsi qu’un centre de garde et de détention en milieu ouvert administré par l’Ininew Friendship Centre offrent également des services en milieu résidentiel à des jeunes autochtones à Cochrane et sur les côtes de la baie James. Le Comité a, par ailleurs, accueilli avec enthousiasme les témoignages d’organismes communautaires autochtones qui décrivaient des partenariats de collaboration avec des organismes d’aide à l’enfance leur permettant véritablement d’intégrer les approches autochtones. Bien qu’il soit urgent d’offrir aux jeunes autochtones actuellement placés en milieu résidentiel des ressources plus appropriées sur le plan culturel et plus proches de leurs collectivités, le ministère, le gouvernement fédéral et les dirigeants autochtones doivent continuer de chercher ensemble des mécanismes plus efficaces pour aider les communautés autochtones à élaborer leurs propres réponses à leurs besoins. Il faut ainsi redéfinir les modèles de prévention, de protection et de services existants.

Le manque de soutiens et de services appropriés est loin de se limiter aux seuls services en milieu résidentiel. De nombreux thèmes identifiés lors des consultations du Comité sont également cités par les jeunes des Premières Nations dans le cadre des Plumes de l’espoir. Les problèmes d’identité, de culture et de langue sont ainsi identifiés comme étant au cœur de nombreux défis auxquels les jeunes des Premières Nations sont confrontés. Les jeunes vivant dans des communautés des Premières Nations ont également évoqué des problèmes d’accès à un enseignement, un mentorat, des modèles d’identification, des sports et des loisirs de qualité.