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Jeunes noirs

Les jeunes noirs sont surreprésentés dans les services de bien-être de l’enfance et de justice pour la jeunesse, notamment dans les grandes zones urbaines (rapport annuel de la Société d’aide à l’enfance de Peel, 2013; Toronto Star, 2015; McMurtry et Curling, 2008), et se retrouvent fréquemment placés dans le type de services que le système considère comme étant le plus intrusif et, bien souvent, le plus répressif : les programmes de services en milieu résidentiel de groupe. Le Comité admet que l’origine de cette surreprésentation n’est pas à chercher dans le secteur des services en milieu résidentiel en lui-même, et requiert un profond changement à des étapes bien antérieures de la progression des jeunes au sein des systèmes de services de bien-être de l’enfance et de justice pour la jeunesse. Dans leur rapport intitulé Examen des causes de la violence chez les jeunes, McMurtry et Curling (2008) invoquent le racisme systémique, un savoir-faire culturel mal acquis et les stéréotypes visant en permanence les jeunes noirs, leur famille et leur communauté.

Au fil de ses recherches et consultations externes, le Comité en a pris conscience comme une source de préoccupation permanente, avec très peu d’initiatives en cours pour apporter un changement profond. Les initiatives en matière de programmes et de services menées par certaines SAE commencent à cerner des pratiques exemplaires en termes de mesures liées au bien-être de l’enfance à l’intention des jeunes noirs pris en charge; l’Association ontarienne des sociétés de l’aide à l’enfance (AOSAE) a pris note de la nécessité d’agir à cet égard et la présentation de sa représentante a impressionné le Comité, de même que celle de la Clinique juridique africaine canadienne; dans des SAE sélectionnées dans tout le système, le transfert de ces connaissances et de cette expérience semble toutefois limité. Le problème ne se résume pas aux seuls inconvénients rencontrés par les jeunes noirs lorsqu’ils reçoivent des services en milieu résidentiel, mais également au manque d’activités visant à célébrer et développer les points forts culturels et raciaux et les possibilités que recèle le fait d’être un jeune noir.

Le Comité a été particulièrement frappé par la surreprésentation des jeunes noirs au Centre de jeunes Roy McMurtry de Brampton, un établissement de garde/détention en milieu fermé servant la région du grand Toronto. À l’inverse, lors d’une visite du Comité au Centre Syl Apps pour adolescents, tous les adolescents rencontrés dans le complexe d’Oakville étaient blancs. Cette constatation, nonobstant la possibilité qu’il s’agisse d’une coïncidence, fait écho aux commentaires glanés par le Comité suggérant que les jeunes noirs sont considérablement sous-représentés dans les services de santé mentale et de traitement et surreprésentés dans les établissements de confinement. Le Comité admet que plusieurs systèmes interviennent dans le processus de placement des jeunes et que, tout particulièrement dans le contexte de la justice pour la jeunesse, leur placement initial échappe au contrôle des établissements de garde relevant de la justice pour la jeunesse.

En ce qui concerne l’expérience au quotidien, le Comité a noté que de jeunes noirs vivant dans des foyers de groupe avaient fait état du caractère aléatoire de la satisfaction de leurs besoins quotidiens, comme l’approvisionnement en produits capillaires et en aliments culturellement adaptés. Certains jeunes ont signalé que leur foyer de groupe ou leur famille d’accueil tenait compte des différences culturelles tandis que d’autres ont indiqué que ce n’était pas le cas. Les réponses des jeunes noirs placés en famille d’accueil, plus variables, ont tout particulièrement posé problème au Comité, certains des jeunes ayant relaté des expériences de racisme ouvert, de rejet de l’identité raciale et d’imposition des valeurs et coutumes de la culture dominante.