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Avis sur les soutiens à la transition et en fin de prise en charge

Bon nombre d’enfants et de jeunes ont besoin de soutien lors des transitions entre divers services en milieu résidentiel et lorsqu’ils quittent la prise en charge. Un manque de soutien a été documenté dans plusieurs examens précédents portant sur les services en milieu résidentiel. Dans le Plan directeur visant un changement fondamental du système de bien-être de l’enfance de l’Ontario de 2013, le MSEJ reconnaissait la nécessité d’une collaboration intersectorielle au moment de planifier la fin de la prise en charge, afin de renforcer la stabilité du logement et les rapports avec les aidants et d’autres soutiens. Il convient d’instaurer une collaboration entre les jeunes, les fournisseurs de services et les familles afin d’organiser les soutiens formels et informels dont les jeunes ont besoin au moment de la transition entre les milieux résidentiels ou à l’issue de leur prise en charge.

Le Comité a pu constater que les jeunes retournant dans leurs familles d’origine après un traitement dans un centre de santé mentale avaient des difficultés à préserver les progrès réalisés grâce à ces services. Dans bien des cas, le soutien offert par le fournisseur du service en milieu résidentiel était interrompu après leur départ. Cette préoccupation figurait également dans le rapport 2015 de Santé mentale pour enfants Ontario, d’après lequel les enfants et les jeunes perdent souvent tout contact avec les services à l’issue d’un traitement en milieu résidentiel, les livrant à leur propre sort avec peu de soutiens et de consignes thérapeutiques en fin de prise en charge. De la même façon, le rapport Kinark publié en 2015 indiquait que les jeunes placés dans des programmes de traitement de haute qualité s’épanouissent dans le milieu thérapeutique, mais se retrouvent souvent en difficulté lorsqu’ils quittent cet environnement. Kinark a demandé que l’accent soit placé sur la préparation des enfants et des jeunes à la vie après le traitement en milieu résidentiel.

Les adolescents qui sont pris en charge dans des établissements de garde/détention ont besoin de soutien au moment de leur réinsertion dans la collectivité. La Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents prévoit des soutiens à la réinsertion et, même si le MSEJ mène actuellement à cette fin deux projets pilotes concernant des centres de réinsertion et utilise un modèle de gestion de cas unique en vertu duquel les jeunes se voient attribuer un agent de probation chargé de planifier leur libération, il est impératif de fournir des soutiens supplémentaires au moment du retour des adolescents dans la collectivité. À l’image de la situation observée dans le secteur de la santé mentale des enfants et des jeunes, le Comité a constaté que les familles étaient souvent exclues pendant la période de garde ou de détention d’un adolescent, les laissant ainsi démunies au retour de ce dernier dans le foyer.

Les familles n’interviennent souvent pas dans le programme de soins et la vie quotidienne de l’enfant ou du jeune pendant qu’il reçoit des services en milieu résidentiel; il n’est donc pas étonnant que certaines d’entre elles aient eu l’impression de ne pas pouvoir offrir le niveau de soutien nécessaire après la prise en charge. N’étant pas épaulées pour aider le jeune à s’adapter à un autre environnement, à un nouveau milieu scolaire et à une collectivité différente, les familles se sentaient impuissantes. D’après d’autres témoignages recueillis par le Comité, le retour à la maison ou le transfert dans un autre milieu résidentiel s’est avéré particulièrement difficile pour les nombreux jeunes ayant eu des expériences négatives et parfois traumatisantes pendant la prise en charge (services, traitement, garde/ détention). Certains parents ont raconté qu’ils n’ont pas reconnu leur enfant à sa sortie du système de services en milieu résidentiel, et qu’ils ne se sentaient pas préparés à faire face aux problèmes de santé mentale et aux difficultés relationnelles qui s’étaient exacerbés pendant ladite prise en charge.

Divers chercheurs et intervenants ont mis en lumière les défis associés au fait de devenir « trop vieux » pour être pris en charge par les services de bien-être de l’enfance et d’autres formes de prise en charge hors du domicile. Comme l’a indiqué l’intervenant provincial en faveur des enfants et des jeunes dans le rapport 25 la nouvelle façon de dire 21 (2011), les jeunes pris en charge par la province ne bénéficient tout simplement pas du même accès aux ressources que leurs pairs non pris en charge, et ils n’ont pas la même vision des liens familiaux et communautaires. Ces vulnérabilités sont souvent le fruit d’un fort traumatisme causé par des antécédents de mauvais traitements et de négligence, et de problèmes de santé mentale. Bien que la province ait rehaussé le niveau de soutien offert aux jeunes en phase de transition ces dernières années, il est apparu clairement au Comité que les jeunes quittant la prise en charge ne se sentent ni soutenus ni préparés à la vie adulte. Dans le droit fil d’un corpus impressionnant de données probantes issues de la recherche, les participants ont indiqué au Comité que les jeunes quittant la prise en charge courent le risque de basculer dans le système des refuges ou de devenir sans abri, d’être aux prises avec le chômage chronique et de rester dépendants de l’aide sociale, et d’être atteints d’une maladie mentale.

Le Comité a appris de la bouche des enfants et des jeunes pris en charge dans différents secteurs qu’ils n’ont pas l’impression d’avoir acquis, dans le cadre des services en milieu résidentiel, les aptitudes à la vie quotidienne et les compétences sociales nécessaires pour mener une vie autonome lorsqu’ils retournent dans la collectivité ou dépassent l’âge limite de prise en charge. Dans certains cas, les jeunes avaient l’impression que ces aptitudes et compétences s’étaient détériorées pendant leur prise en charge, en raison des règles rigides et très éloignées de la vie ordinaire qui étaient en vigueur dans le milieu résidentiel, le centre de traitement ou l’établissement de garde/ détention. Ces règles, comme l’interdiction de parler pendant les repas ou les soirées cinéma, nuisaient à l’acquisition de compétences sociales, et l’utilisation de termes institutionnels (p. ex., « temps communautaire » pour parler d’une sortie au centre commercial ou d’une promenade dans le parc) avait pour effet d’éloigner encore plus les jeunes de la vie normale. Les enfants et les jeunes souhaitaient désespérément posséder les compétences et les aptitudes que les autres jeunes apprennent dans leur environnement familial, et cherchaient par-dessus tout à nouer des relations de confiance sur le long terme pour les soutenir dans leur transition vers la vie autonome.