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Avis sur le traitement et les types de milieu résidentiel

D’après les conversations ciblées menées par le Comité avec de nombreux fournisseurs de services, les services en milieu résidentiel de l’Ontario font l’objet d’une nomenclature complexe incluant des désignations formelles et informelles telles que « programmes de traitement en milieu résidentiel », « familles d’accueil spécialisées », « traitement en famille d’accueil », « services intensifs en milieu résidentiel », « traitement en milieu fermé », « services en milieu familial », « traitement en milieu familial », etc. (MSEJ, 2015b). Si certains fournisseurs de services ont déclaré par écrit ce qu’ils entendent par « traitement » (Kinark, 2015), le Comité n’a pas réussi à obtenir, au cours de ses consultations, une définition concrète de la notion de traitement en milieu résidentiel et des différences observées par rapport aux autres formes de services en milieu résidentiel. Dans les descriptions fournies par les dirigeants, les travailleurs de première ligne ou les jeunes eux-mêmes, nous avons relevé peu de caractéristiques substantielles en dehors de l’imposition d’une structure et d’un contrôle, d’une part, et de la disponibilité de plusieurs disciplines au sein de l’équipe de traitement, d’autre part. Aucun fournisseur de services n’a fait la distinction entre la représentation de plusieurs disciplines et la prestation d’une approche interdisciplinaire, suggérant que le concept de traitement reste actuellement plutôt nébuleux, qu’il s’agisse de sa signification ou de son application. Les références susmentionnées, faites par certains dirigeants d’organisme, à des pratiques fondées sur des données probantes n’ont souvent pas été confirmées par le personnel de première ligne, même si nous avons recueilli quelques exemples de la mise en œuvre plus approfondie de telles pratiques à l’échelle communautaire, notamment dans la région d’Ottawa où le modèle Résolution conjointe de problèmes a été instauré à titre de cadre communautaire global applicable à tous les intervenants auprès des jeunes (Bureau des services à la jeunesse, 2015).

Un élément d’une importance cruciale dans le contexte des services thérapeutiques s’avère la présence d’une supervision excellente, uniforme et constructive axée sur la prestation de services dans un milieu propice aux pratiques relationnelles avec un contenu représentatif et clinique approprié, incluant des moyens de soutien aux aidants de première ligne en cas d’usure de compassion, de traumatisme transmis par personne interposée et de soins auto-administrés. Aucun fournisseur de services n’a pu citer un modèle de supervision spécifique; le Comité a plutôt obtenu de vagues références à la gestion du rendement et à la consultation des cas dans certains types de milieu résidentiel. Il est inquiétant de constater le manque d’attention accordé par les fournisseurs de services au processus de supervision, et l’absence visible de superviseurs jouissant d’une formation particulière concernant les pratiques axées sur le contexte relationnel.

Le Comité a étudié en détail les services en milieu résidentiel offerts dans un grand centre de santé mentale pour enfants et jeunes dont le travail est axé sur l’évaluation et la formulation de recommandations de traitement, et a découvert que les jeunes, les parents, ainsi que le personnel clinique et les gestionnaires, avaient un avis positif à leur égard. Cependant, il s’agit de services d’évaluation à court terme se concluant par la formulation de recommandations cliniques qui, d’après les témoignages des parents, ne peuvent souvent pas être mises en œuvre à la fin de la prise en charge. Ainsi, malgré un très haut niveau de satisfaction des parents vis-à-vis des services en milieu résidentiel en eux-mêmes, ni les jeunes, ni les parents ni même le personnel clinique et les gestionnaires n’ont été en mesure de confirmer l’utilité de ces services à plus long terme, et certains parents ont laissé entendre que la situation après l’intervention était pire qu’avant l’admission. Les gestionnaires et le personnel clinique ont volontiers reconnu que le manque de durabilité des résultats de leurs services en milieu résidentiel constituait un problème majeur, mais ils n’ont pas pu proposer de solutions pour y remédier.

Les diverses désignations relatives à d’autres types de milieux résidentiels semblent souvent quelque peu « improvisées ». Prenons l’exemple du « traitement en famille d’accueil » baptisé ainsi parce qu’un parent de famille d’accueil a obtenu un diplôme de premier cycle en psychologie dans les années 1960; aucune autre raison n’a été invoquée pour justifier la désignation attribuée à ce foyer. Par ailleurs, le Comité a découvert un foyer de services « en milieu familial » grouillant de personnel rémunéré travaillant par quarts, dont les membres étaient généralement embauchés à titre de travailleurs de soutien individuel dans le cadre d’ententes de tarifs spéciaux. Nous avons également rencontré des parents de famille d’accueil auxquels la désignation de « famille d’accueil spécialisée » a été attribuée sans qu’ils soient eux-mêmes capables d’expliquer en quoi consiste leur spécialisation. À l’inverse, nous avons aussi rencontré des parents de famille d’accueil d’un foyer dit « ordinaire » qui ont pu décrire leur approche des services de façon bien plus détaillée que les familles d’accueil spécialisées ou offrant un traitement.