Tu es làSkip Navigation Links > Accueil > Professionnels > Bien-être de l'enfance > Services en établissement > Parce que ce sont les jeunes qui comptent > Ressources humaines > Répercussions sur les recommandations

Répercussions sur les recommandations

Le Comité s’inquiète du décalage observé entre les exigences toujours croissantes inhérentes à la revendication d’une complexité accrue des profils des enfants et des jeunes recevant des services en milieu résidentiel, aux interventions fondées sur des données probantes qui s’imposent, et aux défis systémiques associés à l’orientation au sein des grands organismes et parmi les fournisseurs de services intervenant dans différents secteurs, d’une part, et le manque actuel de réglementations régissant les qualifications initiales du personnel offrant des services en milieu résidentiel, d’autre part. L’évolution en marche dans tous les secteurs de services en milieu résidentiel impose la présence de personnel plus qualifié ayant une compréhension approfondie de nombreux aspects fondamentaux de la prestation des services en milieu résidentiel : modèles, approches, théories, droits des enfants, contextes culturels et systémiques. Après de nombreux appels invitant, année après année, à l’instauration de titres de compétences officiels attestant d’une formation initiale de niveau postsecondaire pour le personnel offrant des services en milieu résidentiel, il est temps de faire des progrès dans ce sens.

La vision à long terme du Comité implique la désignation d’un diplôme ou grade obligatoire de travail auprès des enfants et des jeunes à titre d’exigence initiale applicable à tous les membres du personnel offrant des services en milieu résidentiel. Le travail auprès des enfants et des jeunes est le seul domaine ayant explicitement pour fondement les pratiques relationnelles, l’intervention dans l’espace vital, et la prise en compte du point de vue écologique et du développement. Avec 22 programmes collégiaux menant à un diplôme et deux programmes menant à un grade universitaire, dont un programme de deuxième cycle sur le point d’être ouvert à l’Université Ryerson, l’Ontario peut compter sur un bon vivier de diplômés dans cette discipline, avec une couverture géographique raisonnable de la province. Cependant, le Comité a conscience que la mise en œuvre de cette vision prendra du temps. Par conséquent, à court terme et à moyen terme, le Comité aimerait s’assurer que l’ensemble du personnel offrant des services en milieu résidentiel dans tous les secteurs est au moins titulaire d’un diplôme collégial dans un domaine des services à la personne. Le Comité ne se satisfera pas de niveaux inférieurs de qualifications à l’image de ceux en vigueur dans le contexte du travailleur de soutien individuel, au cas où des certificats postsecondaires soient exigés.

En outre, le Comité se préoccupe beaucoup du fait qu’un nombre important de personnes employées en tant que travailleurs de relève, employés occasionnels ou travailleurs de soutien individuel pour prendre en charge des jeunes particulièrement vulnérables sont souvent exemptées de la moindre qualification, même mineure, actuellement requise pour l’embauche du personnel à temps plein, mais aussi exclues de la formation en cours d’emploi et de la supervision. Par conséquent, le Comité cherche à éliminer toute différenciation entre les qualifications requises pour toute personne intervenant directement auprès des jeunes, indépendamment du contexte d’emploi.

Au vu de la fréquence élevée de roulement des travailleurs de première ligne dans les foyers de groupe et des défis à relever pour s’assurer que les équipes sont en mesure de gérer la complexité des besoins des jeunes, tout en veillant à leur propre bien-être et en restant à même d’offrir un soutien thérapeutique, les postes de supervision dans tout service de groupe en milieu résidentiel revêtent une importance capitale. L’absence de tout critère reconnaissant cette exigence essentielle aux fins de la nomination des superviseurs dans les foyers de groupe est troublante. La supervision est depuis longtemps reconnue comme une composante indispensable de la prestation de services en milieu résidentiel de haute qualité auprès des jeunes. Les jeunes (mais aussi le personnel) courent un risque élevé de subir un préjudice dans les environnements où aucun modèle de supervision éclairé par des pratiques relationnelles appropriées et centrées sur les enfants et les jeunes n’est adopté, ou lorsqu’il est mal mis en application. Le Comité préconisera donc la délivrance d’une certification normalisée, de qualité et fournie en externe aux personnes admissibles à l’exercice des fonctions de supervision dans les foyers de groupe, tous secteurs confondus.

Même si l’application d’exigences en matière d’éducation postsecondaire au titre de la prestation de services en milieu résidentiel dans des foyers de groupe (y compris pour les travailleurs de relève, les employés occasionnels et les travailleurs de soutien individuel) permettra une dotation en personnel de qualité supérieure, le Comité reconnaît qu’une telle formation initiale n’offre pas une préparation suffisante pour assurer une prise en charge efficace, conforme aux principes des pratiques relationnelles et de l’intervention dans l’espace vital, et axée sur les services, la pratique thérapeutique et la participation des jeunes dans un milieu résidentiel offrant des services en foyer de groupe. Par conséquent, le Comité préconisera l’élaboration, en partenariat avec le ministère de la Formation et des Collèges et Universités, de modules de formation du nouveau personnel se rapprochant du principe déjà en place dans le secteur des services de justice pour la jeunesse directement administrés et appliqué aux travailleurs des services de protection de l’enfance et de bien-être de l’enfance. En outre, le Comité s’inquiète de constater que les activités de formation en cours d’emploi et les occasions de perfectionnement professionnel du personnel offrant des services en foyer de groupe varient considérablement entre les secteurs et d’un fournisseur de services à l’autre. C’est pourquoi nous préconiserons l’instauration de normes vérifiables en matière de formation continue et de perfectionnement professionnel s’appuyant sur un ensemble d’occasions internes et externes afin d’atténuer la surintégration des cultures organisationnelles dans les pratiques quotidiennes du personnel.

Le processus actuel de fixation des taux quotidiens dans le secteur des exploitants externes rémunérés selon un taux quotidien ne prévoit aucune augmentation permettant aux exploitants d’ajuster les salaires du personnel de manière à suivre au moins l’augmentation du coût de la vie. Le recrutement du personnel dans le secteur privé souffre d’un net désavantage par rapport à d’autres occasions d’emploi pour les travailleurs auprès des enfants et des jeunes en milieu résidentiel et hors milieu résidentiel. Le secteur privé étant de loin le plus vaste fournisseur de services en foyer de groupe de l’Ontario, cet obstacle structurel à l’embauche de personnel qualifié est extrêmement problématique. Le Comité préconisera donc une réévaluation du processus de fixation des taux quotidiens visant à tenir compte de cette nécessité de résoudre les inégalités de rémunération du personnel des foyers de groupe.

Concernant les familles d’accueil, le Comité pense qu’une modernisation est nécessaire en Ontario. Ladite modernisation devra s’appuyer sur un processus collaboratif impliquant divers intervenants, dont les parents de famille d’accueil eux-mêmes, mais aussi les jeunes et le personnel de soutien des parents de famille d’accueil, afin de garantir que ce type de prise en charge en Ontario est en accord avec la capacité du système et les besoins actuels. Le Comité cherche par conséquent à s’assurer que la formation initiale des parents de famille d’accueil est uniforme à travers la province et que les critères d’admissibilité des familles d’accueil tiennent compte de la pleine diversité des fournisseurs de services potentiels et de ce qu’ils peuvent offrir aux jeunes, sans entraves matérielles excluant de fait le recrutement de certaines ressources précieuses.

Outre la modernisation des services fournis par les familles d’accueil en Ontario, le Comité pense qu’il est nécessaire d’adopter une stratégie provinciale de recrutement des parents de famille d’accueil. Au sein du système actuel de services en milieu résidentiel, le recrutement des parents dépend des organismes, chacun œuvrant individuellement et non en collaboration avec les autres. Ce mécanisme ne permet pas de rehausser le profil des familles d’accueil ni d’attirer, par conséquent, de nouveaux aidants plus jeunes vers cette quête inestimable. L’adoption d’une stratégie provinciale de recrutement des aidants des foyers d’accueil fournira une compréhension cohérente et constructive de ce type de prise en charge à l’échelle de l’Ontario. Le Comité a confiance dans le potentiel de cette stratégie de recrutement provinciale, étayée par la modernisation des services fournis par les familles d’accueil de l’Ontario, à créer un système de prestation renouvelé et dynamique.