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MON cheminement

Le développement cognitif

Le développement cognitif des enfants durant les années intermédiaires peut être organisé en trois domaines distincts :
1) le développement du cerveau et l’assimilation;
2) les capacités d’apprentissage et de raisonnement; et
3) l’apprentissage comportemental. Chacun de ces domaines est décrit ci-dessous.

Le développement du cerveau et l’assimilation

Comment le cerveau change

Le cerveau d’un enfant se développe considérablement très tôt dans sa vie, puis une autre explosion de développement survient à la phase intermédiaire de l’enfance, entre l’âge de cinq et de neuf ans.18 Cette explosion lance une période de temps pendant laquelle le cerveau de l’enfant est préparé pour l’apprentissage — il a une plus grande adaptabilité ou « plasticité » et il est ouvert au changement.

Différents types de développement se font pendant cette période. D’abord, les différentes parties d’assimilation du cerveau se développent et gagnent en maturité, en commençant par les régions qui ont des incidences sur la vision, l’ouïe, le toucher et le mouvement. Le développement se fait ensuite dans les régions qui sont associées à la mémoire et au langage, puis dans les régions et les systèmes frontaux qui intègrent et traitent l’information et qui soutiennent les fonctions exécutives.

Durant ces années intermédiaires, le cerveau de l’enfant subit de véritables changements physiques. La couche externe du cerveau, le cortex cérébral (souvent appelé « la matière grise ») s’épaissit, puis il s’amincit dans des régions précises pendant la maturation du cerveau. Il y a aussi des changements notables dans les schémas de croissance au début de la puberté.

Pendant que tous ces changements s’opèrent, il y a beaucoup de « recâblage » tandis que différentes régions du cerveau, qui deviennent de plus en plus interconnectées et efficaces, atteignent une vitesse d’assimilation plus grande. Pendant la puberté, il y a aussi des changements importants dans la chimie du cerveau. Ensemble, ces processus de croissance, de maturation et de changement sont associés au développement de l’intelligence, du langage, de la mémoire, de l’intelligence visuo-spatiale, de la numératie, de la littératie ainsi qu’au développement des capacités de traitement de l’information sociale, de réaction et d’inhibition.19

Le développement cognitif est la construction de processus mentaux, dont le souvenir, la résolution de problèmes et la prise de décisions, de l’enfance jusqu’à l’adolescence et l’âge adulte. Les soutiens à la santé cognitive sont notamment des aliments adéquats, abordables, frais et nutritifs, un transport accessible ainsi qu’un logement sûr et sécuritaire.

L’importance du sommeil

Le sommeil a une grande influence sur plusieurs fonctions cérébrales essentielles. Ces fonctions sont notamment l’apprentissage et la mémoire, les fonctions exécutives, le rendement scolaire, la perception, la réactivité et la régulation des émotions, la capacité d’attention, la créativité et la résolution de problèmes. Durant les années intermédiaires, un sommeil inadéquat ou de piètre qualité peut engendrer de l’irritabilité, de l’hyperactivité, de l’impulsivité, une plus grande prise de risques ainsi que des problèmes de santé mentale. De plus, une durée de sommeil écourtée peut avoir un effet sur les niveaux hormonaux qui est associé à un plus grand risque d’obésité, de diabète et d’hypertension.20, 21, 22 Les études révèlent invariablement qu’une courte durée de sommeil est associée à une prise de poids et à l’obésité.23

Les capacités sensorielles et perceptives

Le cerveau d’un adulte et le cerveau d’un enfant ne reçoivent pas et n’assimilent pas l’information visuelle et ne comprennent pas les rapports spatiaux de la même façon. Durant les années intermédiaires, il y a une transformation au niveau des capacités sensorielles et perceptives de l’enfant, c’est-à-dire sur les plans de sa perception et de ses sentiments à l’égard du monde. Tandis que les enfants de moins de six ans préfèrent voir les choses et y penser d’une manière détaillée et précise, après l’âge de six ans, ils préfèrent se concentrer sur l’information plus générale ou plus globale qu’ils perçoivent.24

La capacité d’organiser l’information visuelle en schémas utiles et de comprendre où les choses se situent dans l’espace s’améliore dans la phase intermédiaire de l’enfance,25 et le fonctionnement spatio-visuel en deux dimensions devient pleinement opérationnel.26 Tel qu’il est mentionné ci-dessus, il y a un épaississement dans la région du cerveau qui soutient ces capacités qui se produit parfois entre l’âge de 10 et de 12 ans (et généralement plus tôt chez les filles par rapport aux garçons). Vers l’âge de 12 à 14 ans, la capacité de l’enfant à réagir à des tâches visuelles complexes s’approche de celle de l’adulte, tandis que la perception de scènes visuelles complexes est encore en cours de développement.27

La mémoire

Des améliorations importantes surviennent sur le plan des capacités de mémoire des enfants durant les années intermédiaires. La mémoire épisodique, qui est la capacité de se souvenir d’événement précis, s’améliore au même titre que la mémoire procédurale, qui est la partie de la mémoire à long terme qui emmagasine l’information sur la façon de procéder pour faire certaines actions et activités, comme marcher, parler et conduire une bicyclette. Enfin, ce que l’on appelle la mémoire de travail s’améliore aussi. Il s’agit de la capacité de garder l’information pertinente facilement accessible et de s’en servir pour les tâches à accomplir.28, 29

Les niveaux supérieurs du fonctionnement du cerveau

Durant les années intermédiaires, les interrogations, les investigations, le raisonnement logique et la résolution de problèmes augmentent graduellement. Les enfants posent plus de questions et ils sont mieux en mesure d’analyser les réponses. Ils sont parfois capables de se demander « et si? » en s’appuyant sur des exemples concrets dans la vie.

L’épaississement de la partie du cerveau qui permet de planifier, d’organiser, d’élaborer des stratégies et de porter attention culmine à l’âge de 11 à 12 ans (plus tôt pour les filles). Par conséquent, le comportement et la maîtrise de soi s’améliorent souvent chez les enfants vers la fin des années intermédiaires.

Le défi du multitâche

Il est difficile pour les enfants qui sont à la phase intermédiaire de filtrer les informations qui ne sont pas pertinentes et qui causent une distraction pendant l’apprentissage. Le multi-tâche, comme se servir de plusieurs appareils numériques tout en apprenant, rend la mémoire beaucoup moins accessible au rappel. Il n’est donc pas facile d’apprendre tout en accomplissant plusieurs tâches durant les années intermédiaires (ou à tout âge). La façon la plus avantageuse pour que les enfants de cet âge puissent apprendre et retenir est le monotâche, c’est-à-dire se concentrer sur une seule tâche à la fois.30

Les capacités d’apprentissage et de raisonnement

Élaborer des stratégies d’apprentissage

Durant les années intermédiaires, les enfants se mettent graduellement à mieux apprendre. Ils acquièrent un certain nombre de traits qui sont utiles dans le processus d’apprentissage, comme la curiosité, la créativité, l’imagination, la coopération, la confiance, l’engagement, l’enthousiasme et la persévérance. Ils commencent à comprendre la relation de cause à effet. Bien que leur capacité à porter attention et à se concentrer sur des tâches varie, c’est une période pendant laquelle les enfants deviennent plus conscients des stratégies qui peuvent améliorer leur mémoire et leur apprentissage. Au fond, ils apprennent à apprendre.31, 32, 33, 34

Tirer des conclusions et exercer sa pensée critique

Tout au long des années intermédiaires, les enfants sont de plus en plus capables de recueillir, d’organiser et d’intégrer de l’information et des idées qui proviennent de différentes sources. Ils apprennent aussi à questionner et à prédire, à examiner et à analyser les options, à déterminer les valeurs et les problèmes, à déceler la partialité et à faire la distinction entre les options. En fait, ils apprennent à poser un regard critique sur les choses. L’acquisition de ces compétences précoces en littératie critique signifie que les enfants de cet âge sont en mesure de commencer à voir au-delà de ce qui est dit ou écrit littéralement et d’en déterminer la signification réelle.

L’apprentissage comportemental

Children's Artwork

L’autosurveillance, le comportement et le contrôle des impulsions

Les régions du cerveau qui régularisent les impulsions sont parmi les dernières à se développer. Cette étape du développement du cerveau, durant les années intermédiaires, permet aux enfants de mieux se maîtriser. Ils sont plus en mesure de porter attention, de réguler leurs émotions et d’inhiber un comportement impulsif.

Acquérir une plus grande maîtrise de soi tend à apporter plusieurs avantages aux enfants en leur permettant notamment de mieux réussir et éviter le trouble, en obtenant de meilleures notes à l’école et en se faisant des amis plus facilement. Il y a des enfants qui sont plus vulnérables aux émotions difficiles comme la colère ou la tristesse. Dans certains cas, ces enfants éprouveront une plus grande difficulté à acquérir des capacités d’autorégulation. Plusieurs stratégies ont été dressées afin d’aider les enfants à apprendre à se maîtriser. Les leçons de musique, l’apprentissage d’une langue seconde, l’exercice d’aérobie, les arts martiaux et le yoga sont quelques-unes des stratégies les plus populaires et les plus efficaces, car elles impliquent une pratique répétée et elles deviennent de plus en plus stimulantes. Quant aux enfants qui éprouvent des difficultés importantes à se maîtriser, un programme de santé mentale pour les enfants qui est axé sur la maîtrise de soi et l’acquisition d’aptitudes sociales peut s’avérer utile. La recherche a révélé que les enfants qui sont à la phase intermédiaire sont de bons candidats pour apprendre des stratégies d’autorégulation.35

Prière de noter : L’apprentissage social, qui est également touché par les changements qui s’opèrent dans le cerveau, est abordé dans la section qui porte sur le développement social.

La prise de décisions et le contrôle des impulsions

Au début des années intermédiaires, avant la puberté, prendre des risques est principalement associé à une moins bonne compréhension du risque et à un contrôle des impulsions moins général. La capacité de prendre de bonnes décisions dépend de plusieurs facteurs, notamment de la capacité de rester concentré et d’éviter les distractions, ce qui s’améliore avec la maturité. En outre, le contrôle des impulsions, l’anticipation des conséquences, la planification stratégique et la résistance à l’influence des pairs sont toutes des capacités qui s’accroissent avec l’âge.

Vers la fin des années intermédiaires, les enfants apprennent comment évaluer un risque, réagir à des situations menaçantes et se protéger contre un éventail de problèmes sociaux, comme l’intimidation, la violence, la toxicomanie et les menaces technologiques.36 Ils acquièrent également les capacités de prise de décisions et de communication dont ils ont besoin pour résister aux pressions qui peuvent les amener à adopter des comportements qui risquent de leur occasionner des blessures ou de leur causer du tort. Dans cette période, les enfants peuvent prendre des risques parce qu’ils sont à la recherche de récompenses immédiates ou de sensations fortes.37 Ce comportement est associé aux changements hormonaux et aux modifications qu’ils provoquent dans le cerveau à l’âge de la puberté. Ce type de comportement est considéré être plus fortement lié à la puberté qu’à l’âge.38, 39, 40

Les années intermédiaires sont une période clé pour renforcer les soutiens en matière de prévention. Tandis que les jeunes adolescents ne sont généralement pas enclins à adopter un comportement risqué, la pression exercée par les pairs peut déclencher et accroître l’activité dans les régions du cerveau qui sont reliées aux récompenses et encourager la prise de risques.41, 42 Les enfants prendront toutefois moins de décisions risquées en présence d’un pair qui présente un faible risque ou qui est prudent. Ils ont aussi tendance à prendre des décisions moins dangereuses quand ils sont en compagnie d’un parent ou d’un fournisseur de soins ou d’un autre adulte responsable que quand ils sont seuls. Lorsque les enfants approchent de la puberté et de l’adolescence, les discussions sur le bien-être devraient commencer à porter également sur les moyens qu’ils peuvent prendre pour se protéger contre les menaces potentielles comme le tabagisme, la consommation d’alcool et de drogues et les activités sexuelles non protégées.43, 44

Plus important encore, lorsque les enfants adoptent un comportement social positif, comme faire du bénévolat, ils changent la manière dont leur cerveau réagit dans des contextes menaçants et ils peuvent diminuer le comportement orienté sur la prise de risques. Multiplier les possibilités pour les enfants de faire des activités positives peut diminuer la gratification qu’ils éprouvent dans des situations potentiellement dangereuses.45

Les programmes et les activités qui sont axés sur la recherche de sensations et l’impulsivité et qui abordent des problèmes émotifs et de comportement précis aident les enfants à mieux se maîtriser et ont tendance à diminuer les comportements qui sont susceptibles de mener à une dépense. Les programmes incluraient des initiatives qui enseignent les conséquences de prendre des risques et qui donneraient des occasions pour faire des activités qui impliquent de prendre des risques calculés.

La prise de risques et la sécurité

Ce ne sont pas tous les comportements qui impliquent une prise de risques qui posent problème. Dans bien des cas, ils peuvent aider l’enfant à adopter de nouveaux comportements et, par conséquent, à acquérir de nouvelles aptitudes. Il vaut mieux aborder la prise de risques de ce genre en faisant abstraction des émotions, en prenant des décisions délibérées et analytiques.46 Assurer la sécurité des enfants peut être une question d’équilibre pour les parents et les fournisseurs de soins.

Les déplacements et les jeux extérieurs non supervisés peuvent être profitables pour les enfants en les amenant à faire de l’activité physique et ils peuvent les aider à acquérir une confiance ainsi qu’une autonomie. Ces avantages doivent, par contre, être soupesés par rapport aux préoccupations qui sont liées aux étrangers, aux intimidateurs et à la circulation. La recherche a révélé que l’hyperparentage— un style de parentage dans lequel les parents ou les fournisseurs de soins sont très concernés par la gestion de tous les aspects de la vie de leurs enfants — peut limiter l’activité physique, et lorsque les enfants sont supervisés de près à l’extérieur, ils sont moins actifs.47

L’utilisation saine et responsable de la technologie

La technologie joue un rôle de plus en plus important dans notre vie. Les enfants sont maintenant exposés à la technologie pratiquement dès l’enfance, plus souvent et pendant de plus longues périodes de temps. Un sondage réalisé en 2014 sur des enfants d’âge scolaire a révélé qu’ils sont en contact avec la technologie à un âge de plus en plus jeune. Près de la moitié (49 pour cent) des élèves en 4e année ont accès à leur propre téléphone cellulaire ou à celui de quelqu’un d’autre.48 La technologie fait aussi partie de nombreux environnements d’apprentissage et elle est de plus en plus utilisée pour tisser des liens sociaux. Parallèlement, il y a un « schisme numérique » dans lequel les disparités liées à l’accès à la technologie sont liées au revenu, à la littératie, à la géographie et à l’accès à large bande.

L’exposition à la technologie numérique présente à la fois des avantages et des risques. Bien qu’Internet, les médias sociaux et les autres plateformes de communication puissent permettre aux enfants d’interagir avec le monde qui les entoure et de grandir en tant que citoyens numériques, il y a des risques qu’ils soient utilisés d’une manière inadéquate ou excessive. Le temps passé devant un écran et la stimulation audio-visuelle intense durant l’enfance peuvent avoir une incidence sur les connexions dans le cerveau, sur le fonctionnement social, sur le sommeil ainsi que sur la santé mentale et physique. Passer plus de temps devant un écran signifie qu’il faut un plus grand nombre de stimulations pour attirer l’attention du cerveau et que les enfants courent davantage le risque de souffrir d’un trouble déficitaire de l’attention, d’avoir des problèmes d’apprentissage et d’adopter des comportements risqués. Les parents doivent savoir que différents enfants peuvent réagir différemment aux mêmes types de technologie.49

Les lignes directrices de la Société canadienne de pédiatrie recommandent de limiter le temps passé devant un écran à des fins récréatives (téléviseur, ordinateur, jeux vidéo, téléphones multimédia) à deux heures tout au plus chaque jour pour les enfants âgés de cinq à 11 ans. Les données indiquent que prendre des pauses en laissant la technologie de côté apporte plusieurs avantages. Les enfants qui passent moins de temps devant un écran sont moins susceptibles de se livrer à des activités néfastes, comme l’intimidation et l’affrontement.50

Les parents et les fournisseurs de soins peuvent modérer les effets néfastes que l’utilisation de la technologie peut avoir sur les enfants.51 Afin d’aider les enfants à se servir de la technologie d’une façon sécuritaire, responsable et saine, les parents et les fournisseurs de soins peuvent :

  • Donner l’exemple d’une utilisation sécuritaire, responsable et saine de la technologie.
  • Parler régulièrement avec les enfants de l’utilisation sécuritaire et responsable de la technologie et de leur vie en ligne.
  • Fixer des limites à l’égard de l’utilisation de la technologie (p. ex. ne pas texter à l’heure des repas, avant d’aller au lit ou à des événements familiaux).
  • Connaître les activités de l’enfant sur Internet ainsi que les sites auxquels il a accès. Concevoir des règles dont ils peuvent convenir avec les enfants et intégrer la technologie qui permet des contrôles parentaux.
  • Installer les appareils dans une aire ouverte de la maison où ils peuvent surveiller ce que les enfants font.
  • Encourager leur enfant à mener une vie équilibrée, à participer à des activités « hors ligne » et à prendre du temps pour socialiser et jouer en tête-à-tête.
  • Aider leur enfant à se fixer des priorités et à organiser son temps (p. ex. en faisant ses devoirs avant de passer du temps en ligne).
  • Prendre le temps de se renseigner sur Internet et sur les jeux vidéo qui ont du succès dans la tranche d’âges de leur enfant et participer à ces activités avec leur enfant.52