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MON cheminement

Respecter les points de vue autochtones sur le bien-être

Les personnes autochtones vivant en Ontario englobent plusieurs communautés des Premières Nations, d’Inuits, de Métis et d’Autochtones en milieu urbain. Il existe une diversité foisonnante à l’intérieur et dans l’ensemble des cultures autochtones. Cette diversité s’étend à l’endroit où les peuples autochtones vivent, aux langues qu’ils parlent, au système de gouvernance de chaque communauté, aux traditions et aux pratiques culturelles (y compris les pratiques et les normes liées à l’éducation des enfants) ainsi qu’à l’accès et à la prestation des services.3

Les familles autochtones

Lorsqu’on prend en considération les points de vue autochtones sur le bien-être et le développement des enfants, il est important de comprendre l’impact traumatisant de la colonisation sur les familles et les communautés autochtones. Le traumatisme colonial continue d’avoir des répercussions sur le bien-être des familles et des communautés autochtones à ce jour. Ce traumatisme est enraciné dans des politiques et des pratiques qui visaient précisément à perturber et à détruire les traditions culturelles, les structures familiales et communautaires ainsi que les pratiques liées à l’éducation des enfants autochtones.

Le système de pensionnats indiens a retiré de force des enfants qui étaient dans des familles et des communautés enrichissantes et aimantes dans le but de les placer dans des établissements où il leur était interdit de respecter leurs traditions culturelles et de parler dans leurs langues autochtones, ce qui a eu pour effet de les rendre vulnérables à la violence, à l’abus et à l’isolement.

Les politiques colonialistes ont eu des répercussions intergénérationnelles à grande échelle, notamment en perturbant les styles de parentage autochtones traditionnels.4 La Commission de vérité et de réconciliation a noté que les survivants des pensionnats indiens avaient demandé de l’aide afin de renouer avec les pratiques et les valeurs parentales traditionnelles.

Aujourd’hui, de nombreuses familles autochtones de l’Ontario sont dirigées par des parents vulnérables qui sont confrontés à des défis de toutes sortes. Douze pour cent des familles autochtones sont dirigées par des parents de moins de 25 ans et 27 pour cent des familles autochtones sont dirigées par une mère seule.5 Les taux de pauvreté sont plus élevés dans les familles autochtones que dans les familles non autochtones et le taux d’incapacité au sein des peuples autochtones est deux plus élevé que la moyenne nationale.6

Malgré ces problèmes, les systèmes de connaissances culturelles foisonnants et les pratiques liées à l’éducation des enfants des peuples autochtones sont largement mis en pratique et transmis par les familles autochtones aujourd’hui.7, 8 Cela consiste notamment à participer à des activités rattachées aux ressources naturelles, à partager les « aliments prélevés dans la nature » (p. ex. le poisson et la faune) ou traditionnels et à favoriser l’apprentissage des langues autochtones.

Le bien-être des Autochtones

Comprendre que le bien-être est interdépendant et qu’il implique le bien-être de la personne, de la famille, de la famille élargie et de la communauté est un élément que les cultures autochtones ont en commun.9 Le bien-être est un concept universel et global qui inclut l’estime de soi, la dignité personnelle, l’identité culturelle, l’interdépendance, l’équilibre et l’harmonie dans son être physique, émotif, mental et spirituel.10

Les étapes du cycle de la vie sont célébrées tandis que chaque personne offre des présents différents et joue un rôle en contribuant au bien-être de l’ensemble de la communauté. Le cycle de la vie reflète l’interdépendance des personnes, des familles et des collectivités ainsi que leurs responsabilités les uns envers les autres.11

L’appartenance à une famille et à une communauté est l’un des indicateurs les plus importants du bienêtre des Autochtones.12 Les systèmes de soins fondés sur la culture placent l’enfant au centre de la société avec les parents, les grands-parents, les tantes et les oncles et avec les gardiens du savoir traditionnel qui agissent comme des enseignants, des nourriciers et des protecteurs.13 Les structures sociales traditionnelles procurent aux enfants un sentiment d’appartenance et une identité qui sont fondés sur « une bonne vie jour après jour », en assurant la continuité du mode de vie traditionnel. Les jeunes qui grandissent au sein de ces cultures sont épaulés afin d’acquérir un solide sens du soi qui s’exprime à travers la responsabilité à l’égard de la communauté.

L’apprentissage culturel et le développement

Children's Artwork

Il est indispensable pour le bien-être des enfants, des familles et des communautés autochtones de préserver la culture et l’identité des enfants autochtones. L’apprentissage culturel et le développement du soi et de son esprit est un besoin développemental fondamental pour les enfants autochtones qui touche tous les domaines de comportement. Les jeunes membres des Premières Nations et inuits ont indiqué que leur culture leur permet d’atteindre un équilibre et d’établir des relations saines.14 Les jeunes ont besoin d’acquérir une solide identité du moi qui doit être enracinée dans leur culture autochtone et qui est nécessaire pour contrer l’impact du traumatisme intergénérationnel ainsi que ses effets qui se font sentir toute la vie durant.15 La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones reconnaît les droits des peuples autochtones de revitaliser, d’utiliser, de développer et de transmettre l’apprentissage culturel.16

Les structures culturelles et les méthodes d’apprentissage culturel diffèrent à l’intérieur et dans l’ensemble des cultures des Premières Nations, des Métis et des Inuits. Ces exemples de structures culturelles mettent en évidence l’étendue des possibilités de favoriser l’apprentissage culturel auprès des enfants autochtones qui sont à la phase intermédiaire.

Les aînés, les sénateurs, les gardiens du savoir traditionnel et les dirigeants communautaires jouent également un rôle de premier plan en guidant les jeunes autochtones, en transmettant le savoir traditionnel et en aidant les enfants et les jeunes à acquérir de la confiance ainsi qu’un solide sens du soi.

Exemples de structures culturelles17 :

  • langue
  • perlage
  • nommage
  • cercles
  • coutumes
  • légendes
  • art
  • cérémonie
  • rattachées aux ressources naturelles
  • enseignements du clan
  • activités sociales
  • communauté
  • danse
  • musique
  • rituels
  • chasse
  • accueil
  • aliments
  • régime alimentaire
  • artisanat
  • chants
  • famille
  • famille élargie
  • famille culturelle
  • rassemblement
  • adoption de coutumes
  • cérémonies du calumet
  • cérémonies de tambours

Les relations transformées

Les familles et les communautés membres des Premières Nations, métisses et inuites sont les mieux placées pour définir leur propres besoins et pour déterminer les soutiens dont ils ont besoin afin d’aider leurs enfants et leur familles à s’épanouir. Les services aux Premières Nations, aux Métis et aux Inuits sont plus efficaces lorsqu’ils ont conçus et assurés par les communautés membres des Premières Nations, métisses ou inuites.

Le droit à l’autodétermination des Autochtones doit être respecté par quiconque vise à soutenir un enfant autochtone. Chaque communauté membre des Premières Nations, métisse et inuite possède un contexte culturel, social, historique et politique unique. Les perspectives ou les traditions culturelles ne devraient jamais être généralisées dans l’ensemble des groupes membres des Premières Nations, métis et inuits. Les fournisseurs de services devraient établir des liens et travailler en partenariat avec les organisations et les communautés autochtones pertinentes, surtout quand ils envisagent d’offrir des soutiens et des services à des enfants et à des familles autochtones.

Les efforts déployés en vue de la réconciliation et de la transformation des relations entre les familles, les communautés et les partenaires autochtones et non autochtones sont une responsabilité partagée. Les années intermédiaires sont une belle occasion pour renforcer, accompagner et éduquer tous les enfants — y compris ceux qui sont autochtones et ceux qui ne le sont pas — afin de participer à la réconciliation en tant que partenaires informés, respectueux et actifs.

La phase intermédiaire de l’enfance est une période cruciale pour favoriser la construction de l’identité, l’apprentissage culturel et le développement spirituel. En ce qui a trait aux enfants autochtones qui sont à la phase intermédiaire, leur famille et leur communauté, cette période est une occasion importante de solidifier les fondements au sein de la famille et de la communauté et de créer un lien permanent avec soi-même, son esprit et sa culture qui touche à tous les domaines du développement et qui procure les outils dont les enfants autochtones ont besoin pour s’épanouir.