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MON cheminement

Le développement social

Durant les années intermédiaires, les enfants commencent à franchir des étapes vers de nouveaux univers sociaux dans lesquels différents types de relations et d’influences en dehors de la famille prennent de plus en plus d’importance. Ils arrivent à l’école élémentaire et ils se font de nouveaux amis. Ils peuvent également participer à des programmes d’activités après l’école ainsi qu’à des programmes communautaires.

Il s’agit d’une étape importante pour les enfants qui apporte avec elle un plus grand nombre de libertés individuelles. Il y a également une tension, car une plus grande liberté comporte des responsabilités et des défis nouveaux ainsi que des attentes plus élevées. Il y a de nouvelles règles à comprendre et à suivre. Les enfants sont tenus de maîtriser leur comportement, de suivre des lignes de conduite personnelles, d’adopter de bonnes habitudes de travail, de s’asseoir sans faire de bruit pendant de longues périodes de temps, de respecter les adultes et de coopérer avec leurs pairs.139

Lorsque les enfants créent de nouveaux liens en dehors du foyer, ils continuent d’avoir besoin de la stabilité et de la familiarité de parents ou de fournisseurs de soins attentionnés à la maison. Ils ont également besoin d’avoir d’autres adultes sur lesquels ils peuvent compter, de s’attacher à des écoles de qualité, d’avoir accès à des services de santé et de santé mentale de qualité et de participer en toute sécurité aux activités du quartier, de l’école et de la communauté.140, 141

Les compétences sociales

La capacité de reconnaître les visages et les expressions du visage

Tout au long des années intermédiaires, les enfants se souviennent mieux des visages inconnus. Ils deviennent aussi très bons pour différencier les traits du visage. Bien que les enfants puissent déceler plusieurs expressions d’émotions intenses à l’âge de cinq ans (en particulier les visages heureux), ils sont encore portés à mal distinguer certaines émotions et leur capacité à déceler des expressions d’émotions subtiles est encore passablement immature. Entre l’âge de cinq et dix ans, leur sensibilité aux expressions subtiles de la surprise, du dégoût et de la peur s’améliore. Après l’âge de 10 ans, ils deviennent plus sensibles aux expressions de la colère et de la tristesse. Plus important encore, les enfants qui ont subi un stress important ou qui ont connu la violence sont plus susceptibles de méprendre les visages ambigus pour de la colère et leur cerveau peut réagir davantage aux visages qui expriment de la colère que celui des enfants qui n’ont pas vécu ces expériences.142

L’empathie et la coordination des points de vue

L’empathie est la capacité de comprendre, à un niveau émotionnel, ce que l’autre ressent. La « coordination des points de vue » implique la capacité, à un niveau cognitif, de voir les situations et les événements du point de vue de l’autre.143 L’un des développements sociaux les plus importants chez les enfants qui sont à la phase intermédiaire survient lorsque les changements dans le cerveau ont pour effet de renforcer l’empathie et la coordination des points de vue.

Une plus grande coordination des points de vue aide à renforcer les réseaux situés dans le cerveau qui favorisent un comportement prosocial et une prise de décisions prudentes.144

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Les enfants qui sont à la phase intermédiaire ont tendance à se concentrer sur leur réalité immédiate. En vieillissant, ils deviennent progressivement moins enclins à le faire. Au début des années intermédiaires, les réactions empathiques des enfants tendent à être très émotives. Ce qui manque, mais qui se développe durant les années intermédiaires, c’est le genre de traitement cognitif qui leur permet de comprendre ce que les autres pensent, ressentent ou veulent dire. Cette compréhension empathique plus mature ou « empathie cognitive » comporte une coordination des points de vue. La puberté joue un rôle important dans le développement de la coordination des points de vue à mesure que le réseau social du cerveau et sa façon de fonctionner gagnent en maturité. Une meilleure coordination des points de vue aide à renforcer les réseaux situés dans le cerveau qui permettent d’adopter un comportement prosocial (positif, empathique, obligeant) et de prendre des décisions prudentes.145 Les enfants commencent à comprendre que les autres ont des points de vue différents et des connaissances différentes et que ces différences ont des conséquences pour leurs interactions. Il y a également une capacité naissante à établir des rapports avec les autres en prenant des ententes et en faisant des compromis.146, 147, 148

L’appartenance sociale

Durant les années intermédiaires, les enfants acquièrent un sentiment d’appartenance — une connexion avec les gens et les endroits importants. Cette connexion commence avec les parents ou les fournisseurs de soins et la famille, puis elle s’étend aux amis et dans la collectivité.

Des études montrent que les enfants qui se sentent détachés de leurs parents ou fournisseurs de soins, des leurs amis ou des autres adultes attentionnés dans la collectivité ont moins d’optimisme, d’auto-efficacité, d’estime de soi et d’empathie.149, 150 En revanche, les enfants qui éprouvent un sentiment d’appartenance à la société ont tendance à avoir de meilleures relations avec leur famille et leurs pairs. Ils ont également des aptitudes sociales plus développées, un meilleur comportement, une plus grande confiance en eux-mêmes et ils acquièrent généralement de meilleures aptitudes aux études et en matière de leadership.151, 152, 153, 154

L’apprentissage socio-émotionnel

L’apprentissage socio-émotionnel est une approche de l’apprentissage qui aide les enfants à acquérir les connaissances, les attitudes et les aptitudes nécessaires pour identifier et gérer leurs émotions, comprendre la perspective de l’autre, montrer de l’empathie, atteindre des objectifs positifs ainsi que pour établir et entretenir des relations positives.155, 156, 157 En plus d’améliorer les aptitudes sociales et émotionnelles, ces compétences favorisent une amélioration de l’appartenance à l’école, du rendement scolaire, de la planification, de la prise de décisions, des aptitudes à résoudre des problèmes, de la santé mentale et du bien-être (y compris la littératie en matière de santé mentale) et de l’employabilité en vieillissant. Des avantages ont été constatés pour les élèves avec et sans problèmes de comportement.158, 159, 160, 161, 162, 163

Le bien-être social pour les peuples autochtones est directement lié à la famille et à la famille élargie et il englobe le bien-être des communautés.164 L’appartenance sociale est donc au centre des intérêts des enfants autochtones. Par exemple, les relations entre les Inuits sont fondées sur une interdépendance mutuelle, y compris des partenariats collaboratifs, des modèles de parentalité avec la famille élargie et les relations avec la famille immédiate.165

Il est important de noter que, bien que les Inuits ne possèdent pas un système de clans et qu’ils ne forment pas une « tribu », les liens de parenté et communautaires constituent la forme d’auto-identification la plus courante.166 Il y a une interdépendance entre la famille et la parenté qui présume des activités comme aller sur la terre ensemble, partager de la nourriture ensemble, chasser, camper, passer du temps avec les gardiens du savoir traditionnel, fabriquer des outils traditionnels, confectionner des vêtements avec des peaux, construire des iglous et respecter d’autres croyances et coutumes inuites.167 Pour l’Inuit, « le bien-être, c’est la famille »,168 et la famille est tenue de déterminer et de façonner sa propre voie vers l’avenir. Il y a également une croyance selon laquelle les enfants apprennent en voyant et en faisant et cette croyance se reflète fortement dans l’éducation des enfants inuits.

La responsabilité sociale

La phase intermédiaire de l’enfance est aussi une période où les enfants commencent à acquérir un sens de la responsabilité sociale. Ils apprennent à contribuer et à partager la responsabilité dans leur environnement social et physique. Ils apprennent aussi à traiter les autres équitablement et à mieux comprendre les droits et les responsabilités.169

Les relations avec la famille et les amis

Les parents, les fournisseurs de soins et la famille

Les parents, les fournisseurs de soins et la famille ont un effet énorme sur le développement social et affectif ainsi que sur le développement du comportement et de l’apprentissage des enfants. Les enfants qui ont plus de rapports avec leur famille ont tendance à être plus conscients de leur propre valeur et à posséder une plus grande compétence sociale et ils présentent moins de comportements antisociaux comme les disputes, les gestes d’intimidation et les problèmes de conduite.170, 171 Les parents et les fournisseurs de soins jouent un rôle important sur les plans de l’établissement des liens affectifs, de l’amortissement social et de l’atténuation du stress.172 On a découvert que les repas familiaux réguliers jouent un rôle important et qu’ils sont associés à une plus grande satisfaction à l’égard de la vie, à un solide sens du soi, à une plus grande volonté d’aider les autres et à des sentiments de tristesse, d’anxiété et de solitude moins fréquents.173, 174 Les experts donnent à entendre que les discussions à l’heure du souper sur les revers personnels, comme de mauvaises notes, devraient être laissées de côté au profit de sujets plus encourageants, comme les activités et les intérêts de l’enfant et l’actualité.175 En règle générale, les enfants devraient être encouragés à interagir avec la famille et à passer un temps limité seuls dans leur chambre — où il ne devrait pas y avoir d’appareils électroniques.176, 177

Un parentage solide et positif peut avoir un effet tampon contre les facteurs de risque, comme vivre dans la pauvreté, habiter dans un quartier à haut risque ou avoir un problème de santé mentale ou physique.178 Il est particulièrement important que les parents ou les fournisseurs de soins à faible revenu participent à l’éducation de leur enfant,179 et que les parents ou les fournisseurs de soins des enfants qui ont des incapacités tissent des liens serrés avec l’école et les autres organismes de soutien.180 Encourager la participation des parents consiste, en partie, à repérer et à diminuer les obstacles qui pourraient les empêcher de s’investir pleinement.

Il est important que les parents et les fournisseurs de soins fixent des attentes élevées pour leurs enfants et qu’ils procurent un environnement chaleureux et favorable dans lequel les enfants peuvent se développer. Les parents ou les fournisseurs de soins devraient accompagner leurs enfants en s’intéressant à leurs travaux scolaires et à leur vie sociale ainsi qu’en les encourageant et les aidant à acquérir une confiance en soi. Amener les enfants à participer à des activités, comme le sport, la culture, les arts et la musique, favorise l’acquisition de compétences ainsi que la motivation, ce qui facilite les transitions de l’enfance vers l’âge adulte.181

Les parents ou les fournisseurs de soins peuvent également aider les enfants à explorer les options qui s’offrent à eux pour l’avenir, et les années intermédiaires constituent une étape cruciale pour le faire. Des études réalisées au Canada montrent que la période de prédilection pendant laquelle les parents et les fournisseurs de soins devraient commencer à discuter de la carrière avec les enfants est lorsqu’ils sont en 5e et en 6e année. Pendant ces discussions, il est important de souligner l’importance d’établir des liens avec les autres personnes et de contribuer à la société.182

Le parentage autoritaire est un parentage chaleureux, mais ferme, structuré, qui comporte des règles cohérentes et des attentes élevées à l’égard du comportement.

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Acquérir une plus grande autonomie et indépendance à l’égard de la famille

Tel qu’il a été mentionné plus tôt, les années intermédiaires sont une période où les enfants commencent à faire des démarches timides vers l’indépendance et l’autonomie. Le processus de la construction de l’identité qui se déroule durant cette période consiste à se forger une identité qui est distincte de celle des parents ou des fournisseurs de soins et il présume une volonté d’être plus autonome. Vers la fin des années intermédiaires, les enfants sont de plus en plus disposés et aptes à acquérir une plus grande indépendance et à assumer plus de responsabilités. Ce processus peut être déstabilisant pour les parents et les fournisseurs de soins, mais il s’agit d’une partie naturelle de l’évolution de la puberté ou de l’adolescence qui commence durant les années intermédiaires.183, 184 Bien que la recherche montre qu’une plus grande autonomie favorise la croissance des enfants, elle indique également que le degré d’autonomie accordé devrait être compatible avec le niveau de développement de l’enfant.185

La réaction des parents et des fournisseurs de soins à cette transition est importante. Le fait que leurs enfants revendiquent une certaine indépendance n’indique pas qu’ils devraient cesser de se sentir concernés ou que leur encadrement n’est plus nécessaire. En fait, les enfants sont dans une période de construction de l’identité qui peut engendrer des conflits ainsi qu’une remise en question des règles familiales et des rôles, et un solide encadrement s’avère encore nécessaire de la part des parents, des fournisseurs de soins et des adultes attentionnés.186, 187, 188 Cet équilibre est particulièrement important pour les parents et les fournisseurs de soins des enfants qui ont des déficiences. Il existe une foule de possibilités de favoriser la résilience et de permettre aux enfants qui ont des déficiences d’acquérir une autonomie et une indépendance, et un échange actif entre la maison, l’école et les autres services est indispensable.189

La participation des parents et des fournisseurs de soins demeure extrêmement importante et la recherche révèle que le style de parentage est également crucial. Être trop ou pas assez contrôlant, être trop permissif, exiger une obéissance inconditionnelle, faire des commentaires négatifs ou ambigus, communiquer mal et montrer peu d’affection sont toutes des erreurs qui risquent de compromettre une saine exploration de l’identité.190 Le style de parentage a également une incidence sur la conscience de son image, la confiance en soi et le comportement chez les enfants.191, 192, 193, 194

Les experts vantent les mérites du « parentage autoritaire » qui est sensible aux besoins de l’enfant et qui permet une résolution de problèmes indépendante, une pensée critique ainsi qu’une exploration proactive des idées. Ce style de parentage implique de fixer des règles cohérentes et des attentes élevées à l’égard du comportement. La recherche a révélé que cette approche engendrera une amélioration de la conduite, du comportement, de la compétence sociale et du rendement scolaire.195

Les liens culturels pour les enfants autochtones

Pour les enfants autochtones, le lien avec la culture favorise l’acquisition de connaissances personnelles et d’aptitudes sociales. Il comprend l’apprentissage du savoir traditionnel, les rituels et les cérémonies et il favorise l’acquisition de croyances, de valeurs, d’un esprit et d’une vision du monde. Il favorise de meilleures relations avec la famille, la famille élargie et la communauté, un sentiment global de bien-être, et surtout, une solide identité culturelle, une appartenance et un savoir traditionnel. Les aînés, les sénateurs et les gardiens du savoir traditionnel sont des personnes clés pour faciliter la transmission et l’apprentissage de la culture aux enfants autochtones.

Les enfants autochtones se développent dans plusieurs contextes, qu’ils soient urbains, ruraux, dans une réserve, traditionnels ou non traditionnels. L’apprentissage culturel des Autochtones se fait souvent pendant que les enfants apprennent les normes de l’ensemble de la société non autochtone à travers lesquelles ils doivent aussi naviguer. Durant les années intermédiaires, les enfants autochtones acquièrent donc des compétences dans les pratiques culturelles de deux cultures et de deux visions du monde.

Les enfants autochtones qui ont un sentiment d’appartenance et un lien avec leur famille (y compris avec la famille élargie) et la communauté (incluant les aînés, les sénateurs et les gardiens du savoir traditionnel) peuvent acquérir une plus grande confiance en soi, estime de soi, résilience et un plus grand respect de soi, entretenir de meilleures relations sociales et avoir de plus grandes aspirations pour l’avenir. Cet engagement favorise également un sens de la responsabilité collective et de l’action concertée à l’égard des gens dans leur communauté et de la terre.

Les autres adultes attentionnés

À mesure que les enfants commencent à acquérir un certain degré d’autonomie à l’égard de leurs parents ou fournisseurs de soins, ils peuvent bénéficier de la rétroaction des autres adultes attentionnés, qui constituent une solution de rechange importante au lieu de se tourner vers leurs pairs pour obtenir des conseils.196 Les activités et les programmes en dehors de l’école jouent un rôle important en permettant une plus grande interaction avec d’autres adultes dans la collectivité.

L’importance de l’école

L’école a une influence particulièrement grande sur le développement social des enfants durant les années intermédiaires. C’est là que la plupart des enfants commencent à rechercher un sentiment d’appartenance en dehors du foyer familial. Les élèves qui ont des liens solides avec l’école sont plus susceptibles d’avoir de meilleurs résultats sur les plans des études, des interactions sociales et de la santé mentale et ils sont davantage portés à envisager de faire des études postsecondaires. Ils sont également moins enclins à souffrir d’une dépression ou à adopter un comportement antisocial.

Durant les années intermédiaires, le personnel enseignant joue un rôle important en donnant des félicitations et des encouragements afin d’aider les élèves à améliorer leurs compétences, à se fixer des objectifs et à s’efforcer de les atteindre. C’est également vrai pour les enfants qui ont des problèmes de comportement et de santé mentale : le personnel éducatif doit se concentrer sur les domaines dans lesquels l’enfant réussit bien, le féliciter et l’encourager. Une relation positive avec une enseignante ou un enseignant est associée à de meilleures aptitudes sociales, à un plus grand engagement à l’égard des travaux scolaires ainsi qu’à des compétences supérieures en mathématiques et en littératie.197 Un climat positif à l’école, dans lequel des attentes élevées sont établies et où les élèves peuvent participer d’une manière significative et créer des liens bienveillants avec des adultes, permet aux enfants de vivre des expériences en toute sécurité.198

Les amis

Les amis jouent un rôle de plus en plus important dans l’acquisition d’un sentiment d’appartenance, d’une interconnexion et d’une conscience de sa propre valeur durant les années intermédiaires. Pendant ce temps, les enfants nouent souvent une amitié profonde avec une personne qui, en plus d’être une ou un camarade de jeu, devient une personne de confiance.199 Les enfants qui ont des amis positifs ont une meilleure estime d’eux-mêmes et le fait de partager ses sentiments et ses expériences avec des amis peut apporter un soutien émotionnel ainsi qu’une protection contre la solitude et l’exclusion sociale.200 Les amis peuvent aussi contribuer à atténuer le stress qui, durant les années intermédiaires, est souvent causé par des difficultés avec des pairs ou des membres de la famille. Les amitiés solides et l’acceptation des pairs sont associées à une amélioration de la santé mentale, de la compétence sociale, du rendement scolaire et de l’activité physique.201, 202, 203

Au début des années intermédiaires, les enfants ont un plus grand nombre d’interactions avec leurs pairs par l’entremise desquels ils apprennent à coopérer et ils acquièrent une plus grande confiance en eux-mêmes dans les situations sociales. En grandissant, les enfants accordent une plus grande priorité aux activités sociales avec leurs pairs. Les amitiés deviennent de plus en plus importantes et cèdent parfois la place aux premiers pas en matière de fréquentations.204

Les parents et les fournisseurs de soins devraient savoir que, durant cette période, les enfants sont de plus en plus conscients des attentes et des stéréotypes à l’égard du rôle sexuel. Il est donc important de discuter des questions qui sont liées aux effets néfastes des partis pris, de la discrimination et des stéréotypes fondés sur le genre, l’identité sexuelle et les rapports de forces.205

La conformité aux camarades atteint un pic au début de l’adolescence. L’acceptation et l’approbation des pairs deviennent extrêmement importantes pour les enfants et elles sont associées au sens du soi ainsi qu’à la conscience de leur propre valeur. À ce stade, l’estime de soi des enfants est plus étroitement liée à l’acceptation sociale et à leurs sentiments à l’égard de leur apparence qu’à leur degré de confiance en leurs capacités cognitives et à leur aptitude aux études.

Des relations étroites avec leurs pairs peuvent être une source importante de soutien pour les enfants qui ont des incapacités. Cela dit, comme les enfants qui ont des incapacités peuvent avoir plus de difficulté à se faire des amis, ils en ont moins et ils peuvent avoir du mal à les garder.206 Les parents, les fournisseurs de soins et les autres adultes attentionnés devraient chercher des moyens pour aider les enfants qui ont des incapacités à surmonter les obstacles à l’amitié qui existent parfois, comme la distance qui les sépare de leurs amis ou les problèmes d’accessibilité, ou encore, favoriser un environnement social inclusif et accueillant. Les parents, les fournisseurs de soins et les autres adultes attentionnés devraient également savoir que les enfants qui ont des incapacités peuvent être victimes d’intimidation, dont la fréquence varie de 25 pour cent à l’école élémentaire à 34 pour cent à l’école intermédiaire (environ 1,5 fois la moyenne nationale).207

Certains enfants ont du mal à se faire des amis. Les parents et les fournisseurs de soins peuvent les aider à surmonter cette difficulté en organisant des occasions où ils sont susceptibles d’interagir avec d’autres enfants et en leur montrant comment être un bon ami.

L’intimidation et la cyberintimidation

On estime qu’en moyenne, 25 pour cent des élèves sont touchés par l’intimidation en étant des victimes, des agresseurs ou les deux.208 À mesure que l’utilisation de la technologie augmente (jusqu’à 97 pour cent des enfants âgés de six à 17 ans ont régulièrement accès à Internet), le harcèlement en ligne et la cyberintimidation sont de plus en plus courants. Les particularités distinctes qui augmenteraient les risques que la cyberintimidation cause du tort sont notamment le vaste public potentiel du contenu en ligne, les difficultés liées à la supervision parentale de l’activité en ligne ainsi que la « longue portée » de la technologie et l’accès pratiquement illimité aux victimes.209

Environ le quart des jeunes adolescents déclarent avoir eu une relation amoureuse spéciale. Ces relations sont généralement de courte durée et elles se limitent à se tenir la main et à s’embrasser. Les enfants qui commencent à avoir des relations amoureuses trop tôt ou qui ne font pas ce cheminement social peuvent éprouver plus de difficultés à établir et à entretenir des relations amoureuses saines.210

Les relations amoureuses

À mesure que les enfants se développent durant les années intermédiaires, ils commencent à comprendre la différence entre les amitiés et les relations amoureuses. À l’âge de neuf ans, ils sont plus conscients des relations amoureuses et ils y pensent davantage. Lorsqu’ils sont âgés de 11 à 14 ans, les enfants s’intéressent davantage à l’amour. Ces intérêts sont souvent explorés dans le cadre d’activités, comme le sport, le cinéma et la danse, qui donnent aux enfants l’occasion d’explorer leurs sentiments amoureux naissants d’une façon moins gênante.

Aider les enfants à former des amitiés saines, positives et inclusives peut les encourager à entretenir des relations amoureuses positives et saines en vieillissant. La recherche montre que les relations avec les pairs qui procurent un sentiment de sécurité et de confiance durant les années intermédiaires sont associées à une stabilité et à une communication plus profonde avec les partenaires amoureux par la suite. Les enfants qui ont des expériences positives avec leurs pairs durant les années intermédiaires sont plus susceptibles d’avoir des relations sérieuses à long terme à l’âge adulte.211

Les parents et les fournisseurs de soins ont un rôle à jouer en aidant les enfants à avoir des expériences amoureuses positives. Ils devraient tenter d’équilibrer la supervision en encourageant leurs enfants à satisfaire leur intérêt grandissant à tisser des liens en dehors de la famille. On recommande aux parents et aux fournisseurs de soins des enfants qui sont à la phase intermédiaire de connaître et de surveiller leur vie sociale ainsi que leurs sentiments amoureux, mais d’éviter d’interdire complètement les activités amoureuses ou d’imposer des codes de conduite trop stricts. Néanmoins, il est important que les parents et les fournisseurs de soins dont les enfants commencent à avoir des relations amoureuses trop tôt proposent des solutions de rechange, comme des passe-temps ou d’autres activités.212 Les enfants qui ont des besoins particuliers ont des sentiments amoureux tout comme leurs pairs et ils ont besoin d’aide pour s’aventurer sur ce nouveau terrain.

Les enfants qui ont des incapacités et les sentiments amoureux

Vers la fin de l’adolescence, les enfants qui ont des incapacités sont tout aussi susceptibles que leurs pairs de déclarer qu’ils aimeraient vivre une relation amoureuse et qu’ils ont commencé à fréquenter quelqu’un.

Les parents, les fournisseurs de soins et les autres adultes attentionnés devraient savoir qu’ils peuvent être confrontés à des difficultés qui sont façonnées par la nature de leurs aptitudes et de leurs limites individuelles. Par exemple, les enfants qui sont atteint d’un trouble du spectre autistique peuvent éprouver des difficultés liées à la compréhension des indices sociaux et aux aptitudes interpersonnelles nécessaires pour exprimer leurs sentiments amoureux d’une manière convenable, pour commencer à fréquenter des personnes et pour former des partenariats sains et sérieux.213

L’identité sexuelle

L’identité sexuelle fait référence à l’expérience vécue selon le sexe, qui peut être différente du sexe qui est assigné à la naissance. L’identité sexuelle peut être fluide et elle peut aussi changer tout au long de la vie. Un enfant peut exprimer son identité sexuelle dans sa façon d’agir, de se vêtir et de parler de lui-même. Les enfants qui sont à la phase intermédiaire commencent à explorer qui ils sont, et cela inclut leur identité sexuelle. Les parents, les fournisseurs de soins et les autres adultes attentionnés peuvent apporter un soutien pendant cette période en parlant à leurs enfants des suppositions à l’égard des rôles sexuels et des attentes et en les aidant à déceler les préjugés, les stéréotypes et la discrimination fondés sur le sexe et à poser un regard critique. Il est important que les parents et les fournisseurs de soins laissent l’enfant déterminer son identité et son expression sexuelles et que les enfants qui sont à la phase intermédiaire se sentent épaulés dans leur identité et à l’aise d’exprimer qui ils sont et ce qu’ils ressentent.

L’orientation sexuelle

L’orientation sexuelle fait référence à l’attirance qu’une personne ressent pour les personnes du même sexe, du sexe opposé ou des deux sexes. Plusieurs personnes donnent à entendre que la sexualité devrait être perçue comme un spectre au lieu d’être catégorisée avec des étiquettes précises, surtout durant la construction de l’identité à la phase intermédiaire de l’enfance.214, 215 Les peuples autochtones emploient le terme bispirituel pour désigner une personne qui incarne à la fois la spiritualité masculine et la spiritualité féminine. Ce terme inclut un vaste éventail d’identités de genre et sexuelles. Les approches autochtones traditionnelles sont favorables au droit de l’enfant de déterminer son genre, de se vêtir lui-même et de définir le langage qui entoure ses identités de genre et sexuelles.216 Les parents, les fournisseurs de soins et les autres adultes attentionnés peuvent apporter un soutien pendant cette période en parlant à leurs enfants des relations saines, et plus précisément, de l’homophobie et des suppositions à l’égard de l’orientation sexuelle.