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Examen des causes de la violence chez les jeunes (2008) : Sommaire

Concentrations des causes


Nos conseils au premier ministre portent, entre autres, sur la nécessité de cibler l’attention et les ressources dans certaines régions de l’Ontario où les causes de la violence chez les jeunes trouvent un terreau particulièrement fertile. De toute évidence, nombre des circonstances aptes à engendrer les facteurs de risque immédiat – les causes de cette violence – apparaissent et s’épanouissent dans des endroits précis.

L’Ontario doit s’appliquer à combattre les causes là où elles sont le plus enracinées et les plus nocives : dans les quartiers caractérisés par de fortes concentrations de pauvreté. Cette approche est fondée sur les raisons et éléments clés suivants :

Cibler les causes de la violence chez les jeunes : Nous devons recenser les quartiers où de multiples causes s’imbriquent pour produire des facteurs de risque immédiat, et leur donner la priorité afin de générer des impacts structuraux profonds et durables sur les causes.

Miser sur les atouts : Nous devons examiner chaque quartier afin de déterminer ce qui fonctionne déjà et de trouver et de renforcer les sources locales d’atouts. L’essentiel est que cette action ne serve pas à simplement nommer les problèmes.

S’adapter : Pour lutter contre les causes de la violence chez les jeunes, on doit comprendre la constellation particulière de problèmes auxquels un quartier est confronté, ainsi que ses capacités et ses points forts, puis adapter les politiques et les programmes en fonction des conditions locales et de la manière dont elles s’alimentent les unes les autres.

Renforcer les communautés : Si on veut s’attaquer aux problèmes locaux à l’échelon local et s’assurer que les solutions viennent des atouts locaux, les habitants et les organismes locaux doivent participer activement à l’établissement des politiques et des priorités. Il en résultera une communauté plus forte, qui sera alors capable de réduire l’impact des causes de la violence tout en commençant à les éliminer.

Collaborer : L’approche axée sur les réalités locales exige et facilite la coopération entre les gouvernements et les communautés de manière à tirer le mieux parti des initiatives et des atouts de chacun.

Les interventions menées en Angleterre et à Toronto à cet égard nous encouragent beaucoup. Dans les deux cas, tous les efforts se sont concentrés sur les quartiers défavorisés. En Angleterre, on a établi une stratégie nationale selon laquelle les grands ministères se sont appliqués à améliorer les quartiers les plus défavorisés, y compris en travaillant avec des partenariats stratégiques locaux composés de représentants des autorités locales, des habitants de la communauté et des organismes de services à la communauté.

À Toronto, la ville a aligné ses propres services autour de 13 quartiers prioritaires et s’organise maintenant à l’échelon local afin de comprendre et de satisfaire les besoins de ces quartiers par l’entremise d’équipes d’action de quartier. Ces équipes ont été transformées en partenariats avec les habitants et les organismes pour accélérer les choses. Non seulement cela s’est traduit par une attention renouvelée vers ces quartiers et les problèmes auxquels ils font face, mais aussi par plus de collaboration et de coordination au sein de l’hôtel de ville lui-même. Les deux exemples illustrent le pouvoir de ce concept, non seulement d’améliorer les quartiers, mais aussi d’aligner les gouvernements autour de cet objectif important.

La première étape lorsqu’on utilise une approche axée sur les réalités locales pour combattre les causes de la violence chez les jeunes est de déterminer où se concentrent les éléments qui alimentent ces causes. Le processus de recensement des lieux doit être objectif et fondé sur des critères clairs et appropriés que les communautés peuvent comprendre et reconnaître.

Dans notre rapport, nous parlons des approches adoptées en Grande-Bretagne et à Toronto. Nous décrivons ensuite une méthodologie pour appliquer ces approches partout en Ontario. Cette méthode utilise cinq indicateurs de marginalisation, ainsi que des données extrêmement fiables déjà établies par Statistique Canada qu’elle compile ensuite en un indice de marginalisation relative. Cet indice peut ensuite servir à comparer l’ensemble de l’Ontario au moyen de petites unités géographiques comprenant environ 400 à 700 personnes chacune, ce qui permet d’obtenir une évaluation très précise des endroits où les besoins sont les plus criants. Comme les autres approches adoptées pour ce problème, ce ne sont pas les personnes qu’on identifie, mais les lieux. À notre connaissance, cette approche pourrait, après quelques améliorations, produire des données au début de 2009.

Cette méthodologie permet d’ordonner les régions par ordre de concentration de personnes défavorisées ou par rapport à des données de référence provinciales, régionales ou locales. Une fois ces données disponibles, nous proposons que la province collabore avec les municipalités qui comptent les plus fortes concentrations de personnes défavorisées afin d’améliorer le processus d’évaluation à l’aide des renseignements locaux qui peuvent porter, par exemple, sur les services disponibles ou requis pour améliorer les conditions. Cette information peut également inclure des renseignements essentiels pour délimiter les quartiers et cibler les efforts, en tenant compte de groupements de petites zones déterminées au moyen de l’indice, ainsi que des caractéristiques géographiques et sociales locales qui permettent de délimiter les quartiers de manière naturelle.

Une fois les quartiers les plus défavorisés recensés, la province peut ensuite former des partenariats stratégiques de quartier composés de représentants des gouvernements, des communautés et des organismes de services aux communautés, afin d’établir des plans locaux visant à améliorer les conditions dans ces quartiers et de travailler ensemble à leur mise en oeuvre. Cela produira un moyen très puissant de combattre quelques-unes des causes les plus profondes de la violence chez les jeunes.

Malgré l’extrême importance de cette approche, avant d’aller plus loin, il importe de souligner qu’elle ne doit pas remplacer les politiques publiques plus générales qui doivent être mises en place pour désamorcer les causes de la violence lorsqu’elles apparaissent. Bien que particulièrement dévastatrices lorsqu’elles se concentrent dans un lieu particulier, les causes décrites peuvent survenir n’importe où et nécessitent des interventions à chaque fois.


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