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Examen des causes de la violence chez les jeunes (2008)

Volume 3 : section 2

Rapport final sur les séances de consultation des gens des quartiers


Janvier 2008

Soumis au :
Secrétariat de l’examen des causes de la violence chez les jeunes

Par :
Anjana Dooling et Nicole Swerhun

On m’a dit que j’étais doué
Une âme libre et enjouée
Alors que certains adultes ne voient en moi qu’un délinquant
Je suis tombé dans le hip-hop à dix ans
Personne ne savait que je ne serais plus jamais le même
Mais j’allais à l’école quand même
Mes professeurs ont essayé de me mettre en cage
Il n’y avait rien à faire quand j’étais petit, alors j’ai rempli des pages
Je suis devenu un prodige de la poésie
Et j’ai progressé comme la technologie
Mais c’est à cause de ce dénuement
Que je suis devenu délinquant
Les gens ont essayé de me parler
Et de me convaincre de changer
Mais j’en ai eu assez des politiciens
Et de leurs paroles hypocrites
Chef de famille à 16 ans
Je n’avais pas d’argent

Alors, je me suis débrouillé
Et j’ai mis mon avenir en danger J’ai fait ce que j’avais à faire
Je n’ai jamais été mauvais J’allais à l’école
Je n’étais pas un premier de classe Mais comme dealer, j’étais un as Et je me suis dit, bon sang
Si je peux manier la langue
Pourquoi ne pas m’en servir pour faire changer les choses Vous voyez, je crois que tous les voyous
Ne sont pas complètement filous Et que les gens bien
Peuvent aussi être des vauriens
Qu’ils soient de Toronto ou de Hamilton
Les jeunes d’aujourd’hui sont les leaders de demain.

Mike Goodale
Quartier McQueston, Hamilton


À propos du rapport...

Le présent rapport a été écrit par Anjana Dooling et Nicole Swerhun, consultantes indépendantes retenues par les responsables de l’Examen des causes de la violence chez les jeunes en octobre 2007, afin de participer à la conception et de diriger la mise en œuvre des séances de consultation des gens des quartiers. Le rapport est une synthèse des commentaires et des conseils formulés par les habitants des huit quartiers qui ont été visités dans le cadre des séances de consultation et tient compte des rapports individuels soumis par les animateurs chargés de diriger les séances dans chaque quartier. Une version préliminaire du rapport a été envoyée aux participants aux séances de consultation afin qu’ils puissent l’examiner avant sa publication.

Les animateurs sont des gens incroyablement compétents, passionnés et professionnels, qui connaissent bien leur quartier : Waqar Khan et Nneka Perry (Kingston-Galloway, Toronto), Moffat Makuto (Fort William, Thunder Bay), Orville Wallace (Jane-Finch, Toronto), Wayne Robinson (McQueston, Hamilton), Ali Abdullahi (Jamestown, Toronto), Joshua Dills et Pat Howarth (Downtown Market, Kitchener Waterloo), Kaje Johnson et Leyland Gudge (Steeles-L’Amoureaux, Toronto) et Dave Farthing (Pinecrest-Queensway, Ottawa).

Plus de 400 jeunes et adultes ont communiqué leurs commentaires et points de vue lors des séances de consultation. Au sein de ce vaste groupe, les animateurs ont choisi une quinzaine de représentants de chaque quartier qu’ils ont invités à participer à des réunions avec les coprésidents de l’Examen pour communiquer les vues de leur quartier au sujet des questions présentées dans le guide de discussion (voir à la page 3). Ce rapport est une synthèse des commentaires des quelque 400 participants, pas seulement des personnes qui ont participé aux réunions des coprésidents.

En conclusion, nous remercions tous les participants pour l’immense cadeau qu’ils nous ont fait en nous confiant leurs expériences et points de vues dans le cadre d’un tel processus. Nous ne saurions dire à quel point nous sommes reconnaissantes qu’autant de personnes nous aient donné le bénéfice du doute, ainsi qu’à l’Examen et aux animateurs, en acceptant de participer à ce projet. Ce fut un privilège de vous rencontrer et de traiter avec vous.

Si vous avez des questions ou des commentaires au sujet du présent rapport, n’hésitez pas à nous contacter : Nicole Swerhun (nicole@swerhun.com ou 416 999-2665) ou Anjana Dooling (anjanadooling@rogers.com ou 519 927-0572).

Anjana et Nicole

Résumé

En juin 2007, le premier ministre de l’Ontario a demandé à Roy McMurtry et à Alvin Curling de diriger l’Examen des causes de la violence chez les jeunes. Leur tâche consistait à déterminer et à analyser les facteurs sous-jacents qui contribuent à la violence chez les jeunes, ainsi qu’à formuler des recommandations afin d’aider l’Ontario à devenir une meilleure province pour tous ses jeunes et ses communautés.

Les coprésidents ont affirmé que pour être durable le changement devait reposer sur le partage des expériences et des idées et le savoir des jeunes et d’autres personnes. Par conséquent, connaître le point de vue de ceux et celles dont la vie quotidienne est affectée par la violence chez les jeunes était un élément essentiel de l’Examen. Pour y parvenir, nous avons visité huit quartiers, quatre à Toronto et un quartier dans chacune des quatre villes suivantes : Hamilton, Thunder Bay, Kitchener-Waterloo et Ottawa. Plus de 400 personnes ont participé à ces rencontres; il y avait des jeunes de milieux divers (jeunes inscrits ou non à l’école, chefs de famille monoparentale, sans-abri, membres de gangs de rue, travailleurs ou chômeurs, jeunes ayant traité ou non avec le système de justice pénale), et des adultes (parents, enseignants, agents de libération conditionnelle, policiers, élus, organismes de services sociaux et autres).

Ce rapport présente les commentaires et les conseils formulés par toutes ces personnes. En résumé, voici ce qu’elles nous ont dit :

Le but du résumé d’une page est de présenter une vue d’ensemble du rapport, mais nous nous sommes dit qu’il serait également utile d’ajouter trois pages supplémentaires résumant les principaux messages formulés au cours des séances de consultation des gens des quartiers. Par conséquent, les pages suivantes renferment les messages clés associés aux thèmes suivants :

L’Examen

La violence chez les jeunes

Ce qu’on peut faire

Messages clés

L’Examen

1. Les gens ont hésité à participer aux séances de consultation et à l’Examen des causes de la violence chez les jeunes.

Un certain nombre des personnes auxquelles nous avons demandé de participer à ce processus nous ont dit qu’on les avait déjà interrogées au sujet de la violence chez les jeunes et de la sécurité, qu’elles avaient déjà donné des conseils au gouvernement et que rien n’avait été fait. Elles en ont marre de voir des gens arriver dans leurs quartiers soi-disant pour les aider, puis de constater qu’ils ne tiennent pas leurs promesses. Ils ne vivent pas là où elles vivent. On ne tue pas leurs amis. Pourtant, nombreuses sont les personnes qui ont décidé de participer et beaucoup nous ont dit qu’elles voulaient encore espérer, en grande partie en raison de la crédibilité des coprésidents de l’Examen, Roy McMurtry et Alvin Curling.

2. La crédibilité de l’Examen n’est pas la seule à être en jeu — celle de tous les participants l’est aussi.

Lorsque les responsables de l’Examen ont sollicité des commentaires et des conseils — en particulier au sein des quartiers — les gens se sont mis à espérer qu’il en résulterait quelque chose. Si rien ne se produit, la crédibilité de l’Examen ne sera pas la seule en jeu; les liens personnels et la confiance qui se sont établis avec les animateurs, les jeunes et les personnes qui ont invité les gens à participer au processus vont aussi en pâtir. Il est essentiel que les communautés se reconnaissent dans les recommandations de l’Examen et que le gouvernement les encourage à mettre ces recommandations en œuvre et leur en donne les moyens.

3. L’Examen doit poursuivre le travail déjà réalisé au sujet des facteurs qui contribuent à la violence chez les jeunes.

Les participants au processus ont fait référence aux consultations précédentes – dont certaines remontent au rapport de 1992 sur le racisme en Ontario de Stephen Lewis — et beaucoup d’autres se sont rapportés au travail réalisé récemment par divers organismes, dont Centraide, la ville de Toronto et le Toronto District School Board. Il existe déjà un grand nombre de bonnes recommandations et il est essentiel que l’Examen en tienne compte et les approfondisse.

4. Prenez le temps de bien faire les choses.

Il faut du temps pour comprendre les communautés. Beaucoup de participants ont fait l’effort de s’adapter au calendrier très serré de l’Examen, certains avec enthousiasme, d’autres moins. Ceux et celles qui ont hésité ou décidé de ne pas participer ont indiqué que le calendrier serré de l’Examen les confortait dans leur idée que les gouvernements et les décideurs ne respectaient pas les quartiers. Cela dit, un grand nombre de personnes se sont dit encouragées par la décision des responsables de l’Examen de recruter des jeunes animateurs pour encourager les membres de la communauté à présenter leurs points de vue dans le cadre de l’Examen, de rallier au moins autant de jeunes que d’adultes, de tendre la main aux jeunes les plus difficiles à atteindre, de rémunérer les jeunes participants et de donner la latitude aux animateurs de modifier leur démarche afin de répondre aux besoins de leurs quartiers de la meilleure façon qui soit.

5. Je vous en prie, donnez suite aux recommandations et continuez à mobiliser les quartiers.

Les gens ont demandé à diverses reprises aux responsables de l’Examen de revenir dans leurs quartiers avec les recommandations et les ressources nécessaires pour les mettre en œuvre. Et si toutes les recommandations ne peuvent être appliquées en une seule fois, ce n’est pas grave. Il suffit d’en donner la raison et d’encourager les communautés à changer les choses, graduellement.

La violence chez les jeunes

Lorsqu’on leur a posé des questions sur les causes de la violence chez les jeunes, les gens ont insisté sur l’importance de ne pas systématiquement considérer que les jeunes en sont responsables — ils sont très, très nombreux à en être les victimes.

Les descriptions des causes de la violence chez les jeunes reposaient sur plusieurs thèmes communs. Voici les causes de violence qui ont été le plus souvent mentionnées :

1. Le manque d’argent — la pauvreté.

Lorsque les familles manquent d’argent, les parents doivent travailler de longues heures pour arriver à joindre les deux bouts et sont très souvent absents de la maison. Lorsque le budget est limité, les gens doivent choisir entre la nourriture, les tickets d’autobus, une nouvelle paire de chaussures ou les programmes de loisir après l’école. Le loyer constitue une grosse dépense, même lorsque les gens vivent dans des immeubles délabrés, insalubres et infectés de coquerelles ou de rats, qui ont besoin d’être réparés. Il est frustrant, voire embarrassant et dangereux, de vivre dans un endroit délabré et insalubre. Ces conditions se répercutent sur les relations familiales qui peuvent être tendues.

2. Les systèmes qui doivent aider les jeunes à « s’en sortir » sont souvent coupables de discrimination.

Beaucoup de jeunes veulent gagner de l’argent, mais parce qu’ils sont jeunes, n’ont pas les compétences requises, ne vivent pas à la bonne adresse, n’ont pas la bonne couleur de peau, ou refusent de travailler dans des emplois sans avenir, ils ont du mal à trouver du travail. En outre, beaucoup se disent qu’ils ne feront pas d’études postsecondaires parce qu’ils n’en ont pas les moyens ou parce que leur enseignant les a déjà dirigés vers une formation technique ou professionnelle ne menant pas au collège ou à l’université.

3. Les bons programmes locaux ne sont parfois pas disponibles ou accessibles, ils ne durent pas et il est difficile de trouver des modèles et des mentors.

Les bons programmes communautaires sont souvent financés temporairement et les travailleurs à contrat qui font beaucoup pour attirer les jeunes suscitent la déception en disparaissant. Bon nombre des programmes en place ne s’adressent pas aux jeunes ou leur sont inaccessibles pour des raisons de coût ou d’emplacement ou à cause de l’absence de transport et de l’insécurité attribuable aux guerres de territoire qui empêchent les jeunes de s’aventurer en dehors de leur quartier.

4. La violence est partout et devient normale.

La violence est partout et un moyen pour les jeunes de résoudre les conflits — l’intimidation, les descentes de police, le cinéma et la télévision, la violence familiale, la guerre. Elle est tellement présente que certains jeunes affirment préférer tuer que risquer d’être battus, de perdre la face ou d’être embarrassés. Les jeunes se sentent en sécurité et ont un sentiment d’appartenance lorsqu’ils font partie d’un groupe; c’est l’une des raisons pour lesquelles ils se joignent à un gang de rue. Ils peuvent aussi gagner de l’argent en vendant de la drogue. Ils prennent de la drogue pour éviter de désespérer face à un avenir sans espoir. Tout cela dans une société pour laquelle la réussite se définit de plus en plus par les biens matériels qu’on possède — BLING.

5. Et lorsque les jeunes font des bêtises — à l’école ou ailleurs — le système les abandonne, ce qui est à l’opposé de ce que beaucoup de quartiers souhaitent.

Lorsqu’une jeune personne est renvoyée de l’école ou mise en prison, elle perd les soutiens, le moyen d’acquérir les connaissances et l’encouragement dont elle a besoin pour se diriger dans la bonne voie.

Ce qu’il faut faire

Le moment est venu d’agir! Les participants à toutes les séances de consultation ont exprimé leur frustration à l’égard de l’inaction du gouvernement qui ne fait pas le nécessaire pour répondre aux besoins de la communauté. Le gouvernement provincial doit :

I. Vue d’ensemble du processus

En juin 2007, le premier ministre de l’Ontario a demandé à Roy McMurtry et à Alvin Curling de diriger l’Examen des causes de la violence chez les jeunes. Leur tâche consistait à déterminer et à analyser les facteurs sous-jacents qui contribuent à la violence chez les jeunes, ainsi qu’à formuler des recommandations afin d’aider l’Ontario à devenir une meilleure province pour tous ses jeunes et ses communautés.

Les coprésidents ont affirmé que pour être durable le changement devait reposer sur le partage des expériences et des idées et le savoir des jeunes et d’autres personnes. Par conséquent, connaître le point de vue de ceux et celles dont la vie quotidienne est affectée par la violence chez les jeunes était un élément essentiel de l’Examen. Les deux autres composantes clés de l’Examen portaient sur :

Objectifs

Les objectifs visés par les coprésidents pour les séances de consultation des gens des quartiers étaient d’étudier ce qui suit de manière plus approfondie :

Approche

La méthode de mise en œuvre des séances de consultation des gens des quartiers a été conçue en collaboration avec les responsables de l’Examen et les consultantes retenues pour participer à la conception et à la réalisation des séances : Nicole Swerhun et Anjana Dooling. Anjana et Nicole ont également sollicité le point de vue, de manière informelle, d’un certain nombre de jeunes qui ont traité avec des organismes dirigés par des jeunes ou desservant des jeunes à Toronto.

Les responsables de l’Examen ont établi les critères suivants pour la conception du processus :

Les quartiers

Les responsables de l’Examen ont sélectionné huit quartiers :

Ils ont choisi ces quartiers, car ils souhaitaient étudier des zones à l’intérieur et à l’extérieur de Toronto, au sein desquelles la violence chez les jeunes se manifeste de diverses manières, dont les initiatives de résolution des problèmes de violence chez les jeunes sont à des stades différents, qui appliquent des approches différentes, et où les jeunes animateurs jouissent de la crédibilité, des connaissances et des réseaux requis pour réaliser le travail en fonction du calendrier établi.

Paramètres et guide de discussion

Guidées par les objectifs de l’Examen pour les séances de consultation des gens des quartiers et la logistique nécessaire à la réalisation de la mission qui leur a été confiée, Nicole Swerhun et Anjana Dooling ont établi les paramètres du processus de concert avec le Secrétariat de l’examen des causes de la violence chez les jeunes et élaboré un guide de discussion à distribuer aux participants.

Voici les questions qui sont présentées dans le guide et ont été posées aux participants :

  1. Décrivez la violence chez les jeunes dans votre quartier. Quel en est l’impact?
  2. À votre avis, quelles sont les causes de la violence chez les jeunes?
  3. Dites-nous ce qui est fait dans votre quartier pour régler le problème de la violence chez les jeunes. Est-ce que cela fonctionne? Pourquoi?
  4. Qu’est-ce qui ne marche pas? Pourquoi?
  5. Quelles sont les deux ou trois choses les plus importantes qu’on pourrait faire pour venir à bout de la violence chez les jeunes dans votre quartier?
  6. Décrivez ce qui existe déjà dans votre quartier pour régler les problèmes de violence chez les jeunes (p. ex., personnes, connaissances, programmes, autres ressources dont la communauté dispose déjà). Quels sont les soutiens supplémentaires qui pourraient renforcer les activités en place et proposées?
  7. Au-delà de ce qui peut être réalisé dans votre quartier, à votre avis, que pourrait-on faire dans toute la province pour régler le problème de la violence chez les jeunes?
  8. Avez-vous d’autres conseils pour les responsables de l’Examen?

Participants

Les participants au processus comprenaient l’équipe d’animateurs retenus pour diriger le débat dans chaque quartier et les 50 personnes (en moyenne) qui ont été invitées à formuler leurs commentaires et conseils. Au total, plus de 400 personnes ont participé au processus (voir la liste des participants en annexe).

Tous les participants vivaient ou travaillaient dans les huit quartiers. Les jeunes étaient inscrits ou non à l’école; certains étaient chefs de famille monoparentale, sans-abri, membres d’un gang de rue; certains travaillaient ou étaient au chômage, ou avaient déjà eu affaire avec le système de justice pénale. Les adultes comprenaient des parents, des enseignants, des agents de libération conditionnelle, des policiers, des élus, des organismes sociaux, et autres.

II. La violence chez les jeunes

Il existe de nombreux types de violence impliquant les jeunes. La plupart du temps, les jeunes en sont les victimes; parfois, ils en sont les auteurs.

« J’ai vu des mères repartir dans leur pays en guerre parce qu’elles ne souhaitaient pas que leurs enfants grandissent ici. »

Séance de Jamestown

Ce qui suit résume ce que nous avons entendu au sujet de la violence vécue dans les huit quartiers que nous avons visités (énumérés dans aucun ordre particulier). Le but est d’illustrer les diverses expériences dont on nous a parlé. Tous les quartiers ne connaissent pas le même degré de violence et les actes de violence dont on nous a parlé ne sont pas commis dans tous les quartiers.

III. Impact et conséquences de la violence

Lors des discussions sur la violence chez les jeunes, la démarcation entre les causes et l’impact n’était pas souvent très claire. Très vite, il est devenu évident que c’était le cas, car beaucoup des conséquences de la violence finissent par engendrer plus de violence, créant ainsi un cycle négatif. Les conséquences de la violence, décrites ci-dessous, affectent les jeunes, les communautés et toute la société.

« Les sirènes sont pour moi comme des comptines; quand on ne les entend pas, c’est que quelque chose ne va pas. »

Séance de Jane-Finch

IV. Les causes de la violence

Quelles sont les causes de la violence chez les jeunes? C’est compliqué. Toutes les causes de violence ne correspondent pas à toutes les situations et les débats ont traité de choses différentes selon les quartiers. Mais les messages clés étaient clairs. Pour chaque quartier que nous avons visité, la violence chez les jeunes repose toujours sur les mêmes raisons fondamentales — les expériences que vivent les jeunes pendant leur enfance et leur adolescence.

a. Peu ou pas d’argent

Beaucoup de personnes ont dit que la pauvreté est une cause de la violence chez les jeunes. La pauvreté est rattachée à la violence de nombreuses manières.

« La géographie n’est pas un facteur de pauvreté, car il peut y avoir des pauvres n’importe où. Lorsque la communauté offre des experiences enrichissantes aux jeunes — culturel- les et éducatives — elle s’attaque directement aux problèmes. »

Réunion d’Ottawa

b. Tous les jeunes ne sont pas traités de la même façon.

Normalement, les systèmes ont été créés pour offrir des chances égales à tous. Les systèmes d’éducation et d’emploi en particulier ont été établis pour tous, mais beaucoup de jeunes ne trouvent pas d’emploi à cause de la couleur de leur peau, de leur adresse, de leur âge et de leur manque d’expérience ou parce qu’ils ont fait des bêtises et ont eu des problèmes avec la loi. À l’école, ils sont placés dans des filières particulières selon des notions préconçues de leurs capacités. Beaucoup de personnes ont dit avoir constaté de la discrimination dans divers systèmes, institutions et programmes qui ont une incidence sur les jeunes.

c. Manque de soutien et de personnes concernées

La plupart des gens conviennent que les parents sont peut-être les personnes qui exercent la plus grande influence sur les jeunes et qu’ils doivent consacrer plus de temps à la famille. Or, très souvent, les parents ne sont pas en mesure d’être des modèles ou des mentors pour leurs enfants à cause de leurs diverses obligations ou tout simplement parce qu’ils sont eux-mêmes confrontés à des problèmes qu’ils sont incapables de résoudre.

La violence familiale devient une norme comportementale pour les jeunes. Lorsque les parents sont les seuls mentors ou modèles et que les jeunes assistent à des scènes de violence familiale et à d’autres comportements violents à la maison, ils apprennent que la violence est un mode de vie acceptable, un moyen de résoudre les conflits, et y ont eux-mêmes recours pour régler des problèmes à l’extérieur. Si les parents ne sont pas des modèles pour leurs enfants ou que ceux-ci ne les voient pas dans ce rôle, ils se tournent vers d’autres personnes dans la communauté l’espoir qu’elles combleront le vide. Pour beaucoup, les seules personnes qui peuvent les aider sont probablement les pires modèles de tous.

Lorsque les jeunes recherchent d’autres modèles, tous déçoivent.


Les enseignants...
qui devraient guider et
conseiller les jeunes en difficulté,
mais qui leur ressemblent
rarement, ne s’identifient pas
à eux, ne leur portent aucun
intérêt et ont tendance à les
stéréotyper.
 

Les camarades...
qui sont des jeunes biens,
mais se tournent parfois vers
la violence ou la criminalité pour
s’en sortir. La pression exercée par
les pairs est très forte et pour être
acceptés de leurs camarades, les
jeunes font parfois des choses
qu’ils risquent de regretter
plus tard.
 
Les gangs de rue...
qui sont pour les jeunes des
modèles de réussite parce
qu’ils ont de l’argent et sont respectés.
Ils ressemblent parfois aux jeunes et
les comprennent. Les jeunes se joignent
à eux parce qu’ils leur offrent de l’aide,
la sécurité, de l’argent et un sentiment
d’appartenance et qu’ils n’ont personne
d’autre vers qui se tourner. Mais
lorsqu’une jeune personne se rend
compte qu’elle ne veut pas mener ce
genre de vie, elle
a du mal à en sortir.
 
Les agents de police...
qui devraient protéger les jeunes,
veiller à leur sécurité et à celle de la
communauté. Or, ils ne viennent que
lorsqu’un crime se produit et soupçonnent
immédiatement les jeunes. Ils harcèlent
les jeunes qui traînent dans les
quartiers. Ils ne les respectent pas.
Les jeunes en ont peur et ne
leur font pas confiance.
La télévision et
les autres médias...

qui glorifient les gangsters, les
truands et les criminels et érigent en
modèles des gens célèbres et fortunés.
Les jeunes admirent les athlètes, les
musiciens et les acteurs qui réussissent,
puis se rendent compte que les
chances de mener ce genre
de vie sont pratiquement
nulles.
Les intervenants
auprès des jeunes...

qui comprennent les jeunes et
répondent à leurs besoins, mais
aussitôt que les jeunes commencent
à leur faire confiance, ils s’en vont,
car les fonds sont supprimés et
il n’y a plus d’argent pour
les payer.

d. Santé mentale

La maladie mentale et le stress font des ravages chez les jeunes. La violence peut avoir des conséquences profondes sur leur santé mentale et leur estime de soi. Souvent, la violence et les images et messages qui s’inscrivent dans l’inconscient des jeunes à cause de la pauvreté, de la discrimination et de la marginalisation sont associés à une image de soi déformée. La plupart des jeunes ne savent pas comment régler ces problèmes et soit ils n’ont pas accès aux ressources dont ils ont besoin, soit ils sont trop embarrassés pour le faire. Certains règlent les problèmes à leur manière, par la violence ou la surconsommation d’alcool et d’autres drogues, en se joignant à un gang de rue et en s’adonnant à d’autres activités criminelles. Beaucoup sont en marge de la société et commettent des crimes et deviennent encore plus marginalisés et difficiles à atteindre.

« Lorsqu’un ou une jeune est tué à l’école, on envoie un psychologue; récemment, il y a eu une énorme descente de police dans notre quartier, les familles et les gens étaient traumatisés, mais aucun psychologue n’est venu. [La descente de police a fait la une des journaux] mais personne n’a pas parlé des dégâts causés par les policiers. »

Séance de Jamestown

e. Avoir des choses à faire, s’investir

« Il n’y a pas de fonds pour mobiliser les jeunes qui en ont le plus besoin; 90 % du temps, les aides publiques ne bénéficient pas aux jeunes qui en ont vraiment besoin. »

Kingston-Galloway

Il y a des choses à faire, mais les fonds sont limités. Le gouvernement ne finance pas suffisamment de programmes et de services sociaux destinés aux jeunes. On doit financer des programmes visant à mobiliser les jeunes; lorsque nous perdons des jeunes à cause de l’absence de programmes, nous les perdons vraiment, souvent au profit du système de justice pénale. Les programmes qui visent à intéresser les jeunes ne disposent pas des fonds dont ils ont besoin pour avoir une incidence durable; il faut parfois des années avant de savoir si un programme fonctionne.

f. Les jeunes considèrent la violence comme un moyen de régler les problèmes.

La violence fait partie de la vie de beaucoup de jeunes depuis leur toute petite enfance. La violence familiale, la violence dans les médias et à la télévision, les bagarres à l’école et les heurts violents avec la police instaurent une norme de résolution des conflits. Partout, la violence est réglée par la violence, et la peur, l’intimidation et la violence deviennent les seuls outils que beaucoup de jeunes peuvent utiliser pour obtenir le pouvoir, le respect ou la reconnaissance ou pour régler leurs propres conflits.

g. Lorsque les jeunes font des bêtises, le système les abandonne.

Lorsque les jeunes sont renvoyés de l’école ou remis à la justice pénale pour des raisons de violence, ils ont souvent le sentiment de se retrouver dans un autre système qui se fiche d’eux et ne croit pas en leur avenir. Les systèmes créés pour aider les jeunes ont trop tendance à les abandonner et à les marginaliser, au moment où ils ont le plus besoin de respect, d’éducation, de soutien et de formation professionnelle pour avoir une deuxième chance.

« Les peines répressives transforment les jeunes en des criminels patentés. »

Thunder Bay

h. Désespérance

Les jeunes perdent espoir en raison des nombreux facteurs décrits précédemment. Ce qui suit est une illustration de ce qui attend de nombreux jeunes qui se retrouvent sans espoir face à de très nombreux défis. Il ne s’agit pas de témoignages directs recueillis auprès des jeunes, mais plutôt d’une compilation des nombreux commentaires formulés lors des séances de consultation des gens des quartiers.

Un cycle de pauvreté
À quoi ça sert de travailler si fort lorsque je vois mes parents le faire et ne pas s’en sortir?
Je suis embarrassé et j’ai honte de l’endroit où j’habite, mais nous n’avons pas les moyens de vivre ailleurs que dans un logement social.
On me dit que j’ai besoin de tous ces biens matériels, mais je n’ai pas les moyens de les acheter.
J’aimerais faire des études, mais je sais que je n’en aurai pas les moyens.
Le seul emploi que je puisse obtenir est dans un restaurant-minute au salaire minimum.
Autant vendre de la drogue, car je pourrai faire plus d’argent.
Il est plus facile de vendre de la drogue, d’obtenir une arme à feu et de devenir un truand que d’obtenir un emploi bien payé.
Pourquoi essayer quand je sais que je n’y arriverai pas?

Isolement, stigmatisation, marginalisation
Je suis victime de discrimination de la part de l’école, de la police, des employeurs, des médias, de tous les systèmes qui ont un impact sur moi.
Personne ne se soucie de moi ou ne m’écoute. Je n’ai personne en qui je peux avoir confiance et vers qui je peux me tourner lorsque j’ai des problèmes.
Mes professeurs me disent que je ne pourrai pas aller à l’université et ne m’encouragent pas à poursuivre des études.
L’intervenant qui s’occupait de moi, la seule personne en qui j’avais confiance, ne travaille plus dans mon quartier.
La police me harcèle et pense que je suis un vaurien.
Tout ce qu’on sait de moi, c’est que je viens d’un quartier connu pour sa violence et ses criminels.
Personne ne croit que j’ai du potentiel.
Je suis seul au monde.

Les systèmes sont brisés.
Ma maman ne gagne pas suffisamment d’argent pour s’occuper de nous et personne ne peut nous aider.
J’ai besoin d’aide, mais pour la trouver, je dois aller à six endroits différents; je n’ai ma place nulle part.
Je ne peux trouver du travail parce que j’ai un casier judiciaire.
Il n’y a pas de services dans mon quartier et le seul centre communautaire coûte de l’argent et est trop loin.
Le seul programme que j’aimais et qui me convenait a été supprimé l’an dernier.
Je ne peux rien faire pour changer les choses.

On ne peut pas avoir confiance dans les politiciens et les gens de pouvoir.
Ils sont venus plusieurs fois nous voir, à chaque fois ils nous ont demandé ce qu’il faut faire pour changer les choses, et puis ils ne font rien.
Ils produisent des rapports que personne ne lit.
Ils ne sont pas redevables envers ma communauté et ne se préoccupent pas vraiment de ce dont nous avons besoin.
Rien ne change jamais.

V. Ce qu’on peut faire

Les participants aux séances de consultation ont à maintes reprises parlées de la nécessité de créer des communautés où les jeunes sont et se sentent appréciés, sont respectés et acceptés. Ils ont également mentionné qu’il fallait instaurer la confiance entre les gens, dans les communautés et dans les institutions, et traiter la communauté comme une famille.

« Mettre l’argent dans les bonnes mains fait toute la différence. Nous avons à tort tendance à donner les fonds à d’énormes institutions, mais pour aider les personnes difficiles à atteindre, il est préférable de remettre l’argent à des organismes populaires, qui peuvent s’adapter et agir immédiatement. »

Séance de Kitchener

Ils ont dit que les solutions rapides ne servaient à rien. Pour régler les causes de la violence chez les jeunes, il faut des mesures ciblées, durables et soutenues par le gouvernement provincial, les communautés et d’autres organismes, qui tiennent compte de la valeur de l’action communautaire et l’appuie. Il faut également améliorer les grands systèmes, comme l’éducation, le logement, l’emploi, les loisirs, la justice pénale et les autres services qui desservent les communautés. Ils ont également dit que pour régler les causes de la violence chez les jeunes,il fallait avant tout concrétiser les paroles, prendre des mesures concertées, durables, créatives et fondées sur les ressources.


1. Reconnaître l’importance de l’action communautaire et l’appuyer.

Le gouvernement provincial et les communautés ont la responsabilité de rallier les jeunes et de renforcer leur autonomie. Ils ont mutuellement besoin l’un de l’autre. Comme de nombreuses communautés l’ont démontré, le succès vient quand les communautés sont redevables et agissent au niveau local; les mesures que prend le gouvernement portent leurs fruits lorsque les gouvernements appuient des programmes que les communautés et les jeunes considèrent comme étant efficaces. Les communautés n’ont pas seulement besoin d’aide financière et de soutien, elles doivent également savoir que les gouvernements partagent leur philosophie, qu’ils tiennent compte de leurs besoins et de leurs conseils sur la façon de changer les choses en mieux.

a. Sensibiliser les jeunes et les communautés aux problèmes et les encourager à les résoudre.

Toute mesure visant à comprendre et à régler le problème de la violence chez les jeunes doit faire inclure les jeunes de la communauté dans la solution. Les gens qui vivent dans les quartiers en sont les atouts les plus précieux et leurs idées, réflexions, expériences et intérêt dans l’avenir de leur quartier peuvent énormément apporter au processus.

Les participants aux séances de consultation ont souvent mis l’accent sur l’importance de faire participer les jeunes au niveau local et de faire participer les jeunes et les communautés aux politiques provinciales. Voici quelques moyens pour y parvenir : établir un secrétariat des jeunes ou un conseil des jeunes, au sein du ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse, dont la principale responsabilité sera de planifier et de créer des modèles/outils et méthodologies d’évaluation pour les communautés, de financer des colloques organisés et dirigés par les jeunes pour faire participer des jeunes de divers quartiers à des séances axées sur l’action et sur la résolution des problèmes, et d’encourager les jeunes à participer à la conception de programmes qui leur sont destinés.

b. Renforcer les programmes dont les quartiers disent avoir besoin

Les participants ont indiqué que leurs quartiers avaient besoin de programmes positifs et pertinents. Ces programmes ne doivent pas seulement offrir des activités récréatives, ils doivent aussi répondre aux besoins des jeunes des quartiers en matière d’éducation, de culture, de formation professionnelle et de préparation à la vie. Cela signifie fournir un continuum de services et des programmes pour les personnes de tous les âges et à n’importe quelle étape de la vie (les parents aussi), y compris des programmes axés sur la production de revenus ou l’acquisition d’expérience, par exemple un programme d’apprentissage ou d’emploi coopératif.

On doit aussi mettre l’accent sur le mentorat. Les jeunes ont besoin d’avoir une personne dans leur vie qui leur donne de l’attention, croit en eux et les appuie. Il est important de connecter les jeunes avec des mentors de leur âge et de les faire participer à des séances en tête-à-tête avec des adultes et des modèles plus âgés. C’est particulièrement important pour les jeunes difficiles à atteindre. Il faut également des programmes pour aider les jeunes à se soustraire aux gangs de rue, ainsi que des programmes destinés aux jeunes qui viennent d’arriver au Canada et qui ont besoin d’une aide psychologique, car ils souffrent de stress post-traumatique et d’autres soutiens.

Les participants ont souvent parlé de la nécessité d’ouvrir des centres de jour pour les jeunes, car ce sont des endroits sûrs où ils peuvent venir avec leurs camarades après l’école pour y rencontrer des travailleurs sociaux et d’autres personnes ayant une influence positive.

c. Appuyer la prestation efficace de ces programmes

Pour faire changer les choses, il faut des fonds qui peuvent être utilisés librement et pour toutes sortes d’activités — en premier par les organismes, les programmes et les services qui produisent de bons résultats. On doit réduire la compétition entre les demandeurs de financement, afin que les organismes de services aux jeunes (surtout ceux qui sont dirigés par des jeunes) puissent se consacrer aux programmes et aux jeunes plutôt que de passer leur temps à chercher des fonds. Il est également absolument indispensable d’évaluer les organismes de services aux jeunes (ces évaluations seront effectuées par les organismes bailleurs de fonds) afin de s’assurer que les programmes et les services sont efficaces. La création d’un fonds pour encourager l’entrepreneuriat chez les jeunes a été également suggérée.

Pour que les programmes soient efficaces, il est aussi essentiel de recruter les bonnes personnes, de les rémunérer convenablement et de leur offrir des postes à long terme. Les organismes de services aux jeunes doivent engager des personnes qui peuvent s’identifier aux jeunes des quartiers, leur ressemblent, connaissent les quartiers, sont crédibles et se préoccupent de leur avenir. Ce sont des jeunes le plus souvent. Il est préférable de trouver des personnes capables de s’identifier aux jeunes et de les former que de former quelqu’un et espérer ensuite qu’il pourra établir des liens avec les jeunes.

Une prestation efficace signifie également une prestation accessible et adaptée aux jeunes. Les programmes doivent être disponibles et les jeunes doivent savoir qu’ils sont disponibles. Les participants ont également parlé de l’accessibilité aux programmes en termes de coût (gratuits ou à bas prix), de l’emplacement (l’endroit où le programme est offert), du moment (quand le programme est offert), le type de programmes offerts, etc.

2. Reconnaître l’influence que les grands systèmes ont sur les communautés et réparer ce qui doit être réparé

De nombreux participants ont parlé de la nécessité de prendre des mesures à l’échelle de la province afin de venir à bout de certains des problèmes systémiques et durables qui contribuent aux causes de la violence chez les jeunes. Ces problèmes systémiques portaient sur des facteurs comme le logement et l’infrastructure de la communauté, l’éducation et la justice pénale. Les points ci-dessous résument les recommandations formulées. On trouvera d’autres détails au sujet de ces recommandations dans les rapports individuels se rapportant à chaque séance de consultation des gens des quartiers.

  1. Logement et infrastructure de la communauté. Il s’agit d’améliorer les conditions de vie des personnes qui vivent dans des logements subventionnés et d’étudier des moyens de reconstruire les logements sociaux et de faire en sorte que les habitants des logements sociaux vivent aux côtés de personnes à revenu moyen. Cela signifie également installer plus de lampadaires et de dispositifs de sécurité et modifier la perception que les gens ont des quartiers (p. ex., en envisageant de les appeler autrement).
  2. Organismes de services sociaux. Il faut allonger les heures et réduire les listes d’attente des organismes de services aux jeunes, et créer davantage de partenariats ou des coalitions efficaces entre les organismes de services aux jeunes pour que ceux-ci obtiennent l’aide dont ils ont besoin au moment voulu. Il serait utile de faire cohabiter plusieurs services destinés aux jeunes à l’intérieur du même bâtiment. On doit également créer des programmes de formation tenant compte des différences culturelles (questions interculturelles et de racisme à l’endroit des Noirs) à l’intention des personnes appelées à traiter avec des jeunes de cultures diverses.
  3. Emploi. Les mesures comprennent l’augmentation du salaire minimum et un plus grand nombre de programmes d’apprentissage ou d’emploi coopératif.
  4. Immigration. Cela comprend une aide à l’établissement aux jeunes immigrants, une aide psychologique à ceux et celles qui souffrent de stress post-traumatique, et des soutiens pour les nouveaux parents immigrants qui ont besoin que l’on reconnaisse leurs titres de compétences obtenus à l’étranger.
  5. Éducation. Les programmes qui produisent des résultats positifs dans le système d’éducation ont besoin d’appui et de renforcement, par exemple le programme Passeport pour ma réussite et d’autres programmes d’éducation alternative, la participation des élèves, les programmes anti-intimidation et les uniformes à l’école (pour éviter les problèmes liés à la possession de biens matériels et aux jeunes qui portent des couleurs associées à un gang). Les mesures anti-intimidation mises en place dans une école élémentaire se sont traduites par une réduction de 25 % du montant de suspensions.

    Voici quelques autres recommandations importantes présentées par les participants : faire preuve de plus de souplesse, placer plus de travailleurs sociaux et de conseillers dans les écoles, modifier la Loi sur la sécurité dans les écoles et accroître le nombre d’options d’études postsecondaires pour les jeunes qui ne souhaitent pas aller au collège ou à l’université. Il faut aussi recruter plus d’enseignantes et d’enseignants auxquels les jeunes peuvent s’identifier et qui ont l’intérêt des jeunes à cœur (« les enseignants qui me ressemblent comprennent ma culture »), et mettre fin à la discrimination — ce n’est pas parce qu’un ou une jeune vient d’une culture différente qu’il ou elle ne doit pas avoir les mêmes possibilités que les autres, surtout dans le domaine des études postsecondaires.

    Finalement, un certain nombre de personnes ont parlé de l’importance de faire des écoles des carrefours communautaires.

  6. Police. Il faut améliorer la formation professionnelle des agents de première ligne, leur faire suivre une formation sur la diversité, la sensibilité culturelle, l’anti-discrimination et le service à la clientèle. Il faut engager davantage d’agents de police issus des minorités ethniques afin que la police reflète la population. Il est également important de financer un plus grand nombre d’agents de police communautaire dont la tâche serait d’aller dans les écoles et d’établir des liens avec les jeunes, et de limiter leur roulement dans certains quartiers pour leur donner le temps de nouer des liens avec les jeunes. La police doit réagir plus rapidement quand des jeunes appellent et on devrait mieux informer les jeunes sur le programme Échec au crime (222 TIPS); beaucoup de jeunes croient que la police viendra chez eux leur remettre un chèque au vu et au su du quartier.
  7. Système de justice pénale. Le système de justice doit se concentrer davantage sur la prévention que sur la punition. On doit investir dans d’autres solutions que l’emprisonnement; comme certains l’ont dit : « Construire une super-prison pour les jeunes n’est pas la solution ». Il faudrait créer plus de programmes de déjudiciarisation et de justice réparatrice; on devrait aussi tout essayer pour éviter que les jeunes aillent en cour et les placer plutôt dans des programmes de justice réparatrice. On a besoin de davantage de programmes d’aide psychologique aux victimes et aux contrevenants et de programmes de soutien pour les jeunes qui sortent de prison.
  8. Média. Les médias doivent cesser de glorifier la violence et de stéréotyper et de stigmatiser les communautés et les jeunes. On doit mettre en évidence les choses positives qui se produisent dans les communautés.
  9. On doit régler les défis uniques auxquels font face les jeunes des petites localités, des localités isolées et des communautés des Premières nations du Nord. On compte 90 communautés des Premières nations éparpillées dans le Nord de l’Ontario, une région qui recouvre les deux tiers de la province. Les communautés sont séparées par de grandes distances, sont peu peuplées et sont souvent accessibles seulement par avion. Les écoles des localités éloignées s’arrêtent à la 8e année, ce qui signifie que les jeunes Autochtones doivent quitter leur domicile s’ils souhaitent aller au-delà de la 8e année. Ces jeunes de 13 ans qui partent de chez eux pour aller dans des centres urbains faire leur 9e année ont besoin de beaucoup de soutien.
  10. Le gouvernement. Les participants ont mentionné à maintes reprises l’importance d’éliminer les cloisonnements administratifs entre les ministères et les départements offrant des services aux jeunes, car une communication, une coordination et des partenariats améliorés se traduiront par de meilleurs services pour les jeunes et les communautés. On a également suggéré que la province désigne une personne chargée de régler les questions relatives à la violence et à la criminalité chez les jeunes. On a aussi mentionné la nécessité pour les gouvernements de respecter leurs promesses — Les gouvernements doivent poursuivre leurs actions jusqu’au bout.

    Enfin, nombre des recommandations portaient sur l’importance d’affecter des intervenants auprès des jeunes et sur le rôle important de la province, qui doit offrir des programmes de formation précis et complets destinés aux intervenants auprès des jeunes

VI. Conseil sur la façon d’appliquer ces conseils

Toutes les séances de consultation des gens des quartiers ont étudié le processus en profondeur, y compris les conseils et les demandes se rapportant au rôle, aux responsabilités et à l’approche des coprésidents et de leur équipe. Bon nombre de participants ont souligné les points suivants :

Les participants ont fourni les conseils supplémentaires suivants sur les prochaines étapes à prendre dans le cadre de l’Examen :

S’approprier le processus et faire preuve d’ouverture, de responsabilité et d’engagement. Beaucoup de participants ont demandé que les coprésidents s’engagent à produire un rapport qui contient des recommandations et présente un plan d’action établi en fonction des priorités et qui sera mis en place de manière graduelle selon un échéancier précis. Ils aimeraient également que le premier ministre donne suite à l’Examen en s’engageant à mettre en œuvre les recommandations qui seront approuvées.

« L’action positive est le meilleur antidote à la frustration. »

Paul Ifayomi Grant (séance SLAM)

Continuer à faire participer les jeunes et les communautés à l’Examen. Les coprésidents de l’Examen devraient inviter les jeunes lorsque le rapport de l’Examen sera présenté au premier ministre, afin de souligner leur contribution considérable à l’Examen et de montrer qu’eux aussi sont responsables des résultats produits.

Il a été suggéré que les coprésidents organisent une conférence de presse afin de présenter le rapport au grand public (l’idéal serait qu’une telle conférence ait lieu dans chacun des huit quartiers visités), puisque l’Examen portait sur les causes de la violence chez les jeunes. Un certain nombre de participants ont demandé que les coprésidents reviennent dans chaque quartier afin de présenter les grandes lignes de leurs recommandations avant de remettre le rapport au premier ministre.

Continuer à faire participer les gens au travail associé aux recommandations. Pour certains participants, ce qui résultera de l’Examen n’aura pas beaucoup d’importance puisque les communautés continueront de faire leur travail.

D’autres encore ont dit que l’Examen pourrait contribuer à renforcer les quartiers en définissant ce que les gens peuvent faire eux-mêmes grâce à l’Examen et en les mobilisant.

Annexe : Liste des participants

La liste suivante énumère la majorité des quelque 400 participants aux séances de consultation des gens des quartiers, qui comprennent plus de 200 jeunes et 130 organismes. On a assuré à tous les participants que leur anonymat serait préservé. Cette liste n’est fournie qu’à titre d’information, pour donner une idée de l’ampleur des consultations.

Action For Neighbourhood Change
Activiste communautaire
African Canadian Legal Clinic, travailleur communautaire Agent immobilier, Scarborough
Agincourt Community Centre, directeur général et coordonnateur des services aux jeunes
Alliance for Children and Youth
Animateur et directeur général
Aumônier islamique
Avocat - Bureau du procureur général – droit civil
Avocat – défense pénale
Bay Mills, travailleur d’approche
Blacus Ninja Inc., artiste hip-hop
Borden B.T.I, trois jeunes
Breakaway Relief Care
Breaking The Cycle Gang Exit Program, directeur général
Britannia Woods Community House, 11 jeunes, intervenant auprès des jeunes et directeur général
C.L.A.S.P. (Community and Legal Aid Services Program), directeur
C.W. Jeffreys CI - Stay Connected Program
Cameron Heights CI, Working Against Youth Violence Everywhere
Carefirst Chinese Youth Program, directeur général et coordonnateur des services aux jeunes
Central Toronto Youth Services
Centre de détention Hamilton Wentworth
Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), éducation et promotion de la santé
Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), Tribunal de la santé mentale
Centre de toxicomanie et de santé mentale, thérapeute-chef, toxicomanie, également membre de LGBTQ
Chef d’un conseil municipal
Chercheur
Chester Le, jeunes résidents
Children’s Centre
Choices for Youth
Club garçons et filles, Scarborough-Est, responsable, jeunesse
Club garçons et filles, Scarborough-Est, travailleur d’approche provincial auprès des jeunes
Clubs garçons et filles, directeur général et intervenant auprès des jeunes
Collège Centennial, conseiller et étudiant
Collège Centennial, étudiant stagiaire
Collège George Brown, étudiant stagiaire
Collège George Brown, programme B.E.S.T, étudiant stagiaire
Collège Humber, étudiant stagiaire
Collègue Algonquin, professeur
Community Self led
Conflict Mediation Services Downsview
Coordonnateur de l’éducation
Dennis Franklin Cromarty High School, consultation des élèves, six élèves
Dilico Child and Family Services, intervenant auprès des jeunes Dilico/Children’s Aid
Downtown Community Centre, coordonnateur des services aux jeunes
Drop In Services, responsable du programme d’alimentation
École élémentaire, deux jeunes
Écoles publiques de Lakehead
Elevated Grounds, jeune et parents
Élève d’école secondaire
Evergreen Action for Neighbourhood Change
FGDM (Family Group Decision Making) et Stride, coordonnateur du programme
Firmfaith Ministries, chef religieux
Gate Way Café, travailleur, services d’emploi
Glendower, travailleur d’approche
Grand River Hospital Mental Health
Griffin Centre
Habitants des huit quartiers visités (aucun nom fourni)
Hinks Dellcrest
Initiatives de justice communautaire, coordonnateur du programme Resolve
Involve Youth
Jamaican Canadian Association
Jane-Finch.com
Jeune – ancien membre de gang
Jeune – ancien président du conseil des jeunes d’un Club garçons et filles
Jeune – chanteur dans un groupe de rock
Jeune – Collège Confederation
Jeune – Collège George Brown
Jeune – danseur à temps partiel
Jeune – décrocheur
Jeune - éducation alternative
Jeune – éducation alternative
Jeune – élève d’école secondaire
Jeune – en traitement
Jeune – étudiant à l’école de police
Jeune – étudiant au collège Confederation
Jeune – étudiant d’université
Jeune – étudiant d’université
Jeune – étudiant dans un programme d’éducation coopérative faisant du travail communautaire
Jeune – étudiant de collège
Jeune – étudiant en mécanique automobile
Jeune - Hillcrest High School
Jeune – inscrit dans une école spéciale
Jeune – mère célibataire
Jeune – programme d’éducation de l’enfance en difficulté
Jeune – stagiaire en informatique
Jeune faisant partie d’un programme TCHC
Jeune sans emploi
Justice communautaire
Justice for Dustin
JVS Toronto, étudiant stagiaire
JVS Toronto, programme G.E.D.
JVS Toronto, Youth Reach
Kitchener-Waterloo Counselling, OK2BME
Kitchener-Waterloo Sexual Assault Support Centre, membre du public
L’Amoreaux Community Centre, directeur général et coordonnateur des services aux jeunes
Leader communautaire musulman
Leave Out Violence
Maire de Thunder Bay
Maplewood High School, directeur d’école adjoint
Margaret Best, députée provinciale de Scarborough-Guildwood, personnel de bureau
Mary Ward Catholic Secondary School, directeur d’école
Mary Ward Catholic Secondary School, élèves
Mécanicien automobile local
Mennonite Immigrant New Life Centre, directeur général
Mennonite Immigrant Resource Centre – avenues Birchmount et Sheppard, directeur général
Mères, trois mères célibataires
Midnight Basketball at Michelle Heights, cinq jeunes Nishnawbe Aski Legal Services Corp.
Nishnawbe Aski Nation
Nishnawbe Aski Nation, Alvin Fidler, grand chef adjoint
Ottawa Probation, trois membres du personnel de l’unité responsable de la jeunesse
Ottawa Youth Gangs Working Group, président
Ottawa Youth Justice Services Network, président
P.E.A.C.H., travailleur d’approche auprès des jeunes
Pinecrest Queensway Community Health Services, 13 jeunes
Pinecrest Queensway Community Health Services, quatre intervenants auprès des jeunes
Por Amor, co-directeur
Prévention du crime, conseil d’administration
Probation et libération conditionnelle
Ray of Hope
Regional Multicultural Youth Centre
Revive, coordonnateur du programme
ROOF (Reaching Our Outdoor Friends), Kitchener
Salvadoria Canadian Community of Waterloo Region
Salvation Army Church, avenue Birchmount, coordonnateur des services aux jeunes
San Romanoway Revitalization Association
Scarborough CAN (Civic Action Network)
Sécurité publique et Protection civile Canada, chercheur
Service Canada, superviseur
Service correctionnel du Canada, stagiaire
Service de police d’Ottawa, agent de liaison communautaire Service de police d’Ottawa, détective, unité des jeunes
Service de police d’Ottawa, sergent d’état-major, unité des jeunes
Services de police de Thunder Bay
Services de police de Thunder Bay, chef de police
Shop Community Initiative
Sir Robert L. Borden High School, conseiller d’orientation professionnelle
Sir Winston Churchill Collegiate Vocational Institute, sept élèves
Société Elizabeth Fry du N-O de l’Ontario
Société John Howard, aide postpénale communautaire
Somali Youth Basketball League, 14 jeunes
SouthCore Improvement Committee
St. Mary’s
St. Patrick High School, 25 élèves
St. Paul’s High School, directeur d’école
St. Stephen’s Community House, animateur
Stephen Leacock Collegiate Institute, directeur d’école
Stephen Leacock Collegiate Institute, élèves
Storefront Services, responsible et coordonnateur bénévole Storefront Services, travailleur communautaire
Sweda Inc., travailleur communautaire à temps partiel
Thunder Bay Indian Friendship Centre
Thunder Bay Shelter House
Thunder Bay Shelter House, jeune ancien membre de gang de rue Timothy Eaton Secondary School, directeur d’école
Timothy Eaton Secondary School, élèves
Timothy Eaton Secondary School, enseignant
Toronto Community Housing (Orton Park), gestionnaire immobilier Toronto Community Housing, agent de promotion de la santé
Toronto Community Housing, chef de la sécurité
Toronto Community Housing, coordonnateur des loisirs
Toronto Community Housing, responsable
Toronto Community Housing, travailleur communautaire
Toronto District School Board, enseignant
Toronto District School Board, Youth Boost – programme de préemploi
Toronto Parks & Recreation, gestionnaire de Curran Hall et travailleurs auprès des jeunes
Toronto Police Services, Division 31, agents CPLC
Toronto Police Services, Division 42, agent des relations avec la communauté/programme des jeunes
Toronto Public Library – services aux enfants
Toronto Social Planning Council - planificateur communautaire
Toronto Victim Services
Travailleur d’approche auprès des jeunes
Travailleur d’approche provincial auprès des jeunes Tropicana
United Sisters, huit jeunes femmes
United Way of Kitchener-Waterloo and Area
United Way of Thunder Bay
Université Carleton, deux professeurs et un chercheur
Université d’Ottawa, deux chercheurs
Université de Toronto, deux étudiants
Université Ryerson, criminologue
Université York, étudiant
Urban Aboriginal Strategy
Ville d’Ottawa, Parcs et loisirs
Ville de Kitchener, Downtown Community Center
Ville de Kitchener, Youth Council
Ville de Toronto, animateur communautaire, personnel des parcs et loisirs, travailleur d’approche auprès des jeunes, unité de l’aménagement urbain, sécurité communautaire
Ville de Toronto, conseiller municipal, quartier 39
Ville de Toronto, Steeles-L’Amoreaux, travailleur d’approche communautaire
Ville de Waterloo
Waterloo Catholic District School Board, enseignant
West Hill Community Services, intervenant auprès des jeunes et responsable
Westgate High School, élève
William Creighton Centre
William Hayes Centre, cinq jeunes sous garde en milieu fermé Woodroffe High School, cinq jeunes
Woodroffe High School, directeur d’école
Woodroffe High School, enseignant
YAY (Youth Assisting Youth)
Y-Connect
YMCA Employment Centre
Youth Centre Volunteers, deux adultes
Youth Job Action Centre
Youth Services Bureau, directeur général
Youthinc. JVS Toronto
Youthlink, travailleur d’approche provincial
YouthScape
54 jeunes (sans affiliation particulière)

Table des matières

Volume 1. Résultats, analyse et conclusions

Volume 2. Sommaire

Volume 3. Les points de vue des communautés