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Examen des causes de la violence chez les jeunes (2008)

Volume 1, chapitre 1 :

Introduction


L’Ontario est à la croisée des chemins. Et si la province est un lieu sûr pour la plupart de ses habitants, notre examen a décelé des tendances extrêmement perturbantes à propos de la nature de la criminalité chez les jeunes et des répercussions de cette criminalité sur nombre de communautés. Ces tendances donnent à supposer que cette violence ne fera que s’aggraver si on n’en identifie pas les causes et si les interventions ne sont pas coordonnées, concertées et durables. D’autres gens seront tués, les communautés s’isoleront encore davantage et deviendront encore plus défavorisées, il s’ensuivra un cycle de plus en plus négatif pour beaucoup trop de personnes et le tissu social de notre province pourrait être sérieusement endommagé.

Ouvrir la porte à ce genre d’examen nécessitait une certaine sagesse et prévoyance. Nous félicitons le premier ministre Dalton McGuinty d’avoir posé les questions audacieuses qui ont mené à ces conclusions. Dans une époque où les gens recherchent souvent des gains politiques immédiats simplement en demandant plus de répression, malgré l’avis des chefs de police selon lesquels « les arrestations n’arrêteront pas la violence », le premier ministre a pris une approche différente. Il nous a confié un vaste mandat et nous a laissé carte blanche pour que nous examinions la nature de la violence chez les jeunes et trouvions des moyens d’en combattre les causes, afin d’améliorer la santé, la sécurité et la prospérité à long terme en Ontario.

Ce fut une mission remplie de défis. L’Ontario est une province vaste et diversifiée. Les problèmes sont reliés les uns aux autres et controversés. Notre temps était limité, et les attentes et pressions étaient élevées. Cependant, nous remercions le premier ministre de nous avoir offert cette possibilité d’étudier les problèmes profonds et complexes qui sous-tendent les causes de la violence chez les jeunes.

Dans notre rapport, nous décrivons le processus suivi pour comprendre ces problèmes. En un peu plus de 10 mois à peine, nous avons rencontré, nous-mêmes ou les membres de notre personnel, plus de 750 personnes, à titre personnel ou de représentants de leurs organismes. Nous avons rencontré plus d’une douzaine de sous-ministres ontariens, certains à plusieurs reprises. Nous nous sommes entretenus avec le Comité ministériel de la réduction de la pauvreté et les membres de son personnel politique et autre, et avec quelques ministres séparément. Conformément à notre mandat, nous avons établi de solides relations de travail avec la ville de Toronto et Centraide, dont le leadership concernant ce genre de problèmes est bien connu.

Nous avons également entrepris un processus de consultation des gens des quartiers dirigé par des jeunes afin d’étudier de la manière la plus détaillée possible, compte tenu des délais qui nous ont été impartis, les problèmes auxquels sont confrontés huit quartiers de la province. Nous avons sollicité l’aide du collectif Grassroots Youth Collaborative, consortium d’organismes divers dirigés par des jeunes, pour rencontrer et écouter des jeunes de Toronto que nous n’aurions jamais pu autrement rencontrer. Nous avons également demandé à l’Ontario Federation of Indian Friendship Centres de nous communiquer le point de vue des jeunes autochtones qui vivent dans les centres urbains de la province.

En outre, nous avons commandé cinq grands rapports de recherche et deux examens exhaustifs de la documentation, obtenu 11 documents d’information des ministères ontariens, publié notre travail sur un site Web, effectué une enquête en ligne, établi un numéro 1 800 et nous sommes rendus en Angleterre pour mieux comprendre certaines approches pertinentes mises en oeuvre dans ce pays.

Toutefois, nous ne prétendons avoir étudié tout ce qui pouvait l’être, ni avoir rencontré toutes les personnes qui auraient pu nous aider dans notre tâche. Nous n’avons certainement pas rendu entièrement justice au travail réalisé par toutes les personnes qui nous ont fait part de leurs idées et de leurs réflexions et il se peut que nous ayons oublié de remercier toutes les personnes qui nous ont inspirés par leurs idées.

Tout au long de notre mission, nous nous sommes joints aux conversations plutôt que de les commencer. Nous avons été encouragés par le grand nombre de personnes, en particulier les jeunes, qui ont mis leurs connaissances et leur énergie à notre disposition pour combattre avec nous le problème de la violence en Ontario. Ces personnes comprennent les employés de tous les ordres de gouvernement, des agences et des organismes communautaires, ainsi que les communautés elles-mêmes. Nous avons également été encouragés par la détermination dont le premier ministre a fait preuve pour régler certains aspects importants de ce problème au moyen de certaines initiatives récentes, dont le programme scolaire pour les enfants de quatre et cinq ans et le comité ministériel chargé d’établir « une stratégie de réduction de la pauvreté ciblée comprenant des mesures, des indicateurs et des objectifs raisonnables à atteindre avant la fin de 2008 ».

Pour les raisons que nous mentionnons dans notre rapport, nous nous sommes concentrés sur les actes les plus graves de violence qui touchent les jeunes. Nous avons également étudié d’autres formes de violence susceptibles d’en être les précurseurs, mais, à notre avis, le coeur du problème repose chez les jeunes marginaux qui sont tellement déconnectés de notre société qu’ils utilisent des armes souvent de manière impulsive et avec une totale indifférence pour les conséquences et la vie humaine. Nous avons analysé le mode de pensée de ces jeunes afin de déterminer les facteurs de risque immédiat liés à leur comportement, ainsi que les causes de ces facteurs et les interventions nécessaires pour combattre ces causes.

Nous avons constaté que les causes de la violence étaient vastes et envahissantes. Elles envahissent dans la société; toutefois, elles sont intimement liées les unes aux autres et plus particulièrement virulentes dans certains quartiers et encore plus quand le racisme s’en mêle.

Voici tout simplement la conclusion à laquelle nous sommes parvenus : les décideurs ontariens ne tiennent compte ni de la profondeur ni de l’ampleur des causes de la violence chez les jeunes dans leurs politiques. Les initiatives mises en oeuvre pour combattre divers aspects de ces causes sont largement inadéquates et il n’y a pas de structure en place pour assurer la cohésion de ces initiatives. De manière générale, l’Ontario ne reconnaît pas à quel point il est essentiel pour la santé de la province d’utiliser une approche alignée et durable et de placer les causes de la violence chez les jeunes au coeur du programme du gouvernement.

Nous n’avons pas atteint ces conclusions en suivant une définition rigide de la jeunesse. Les causes des facteurs de risque immédiat peuvent émerger avant la naissance et représenter une menace tout au long de la vie de l’enfant. De même, nous n’avons pas donné un âge précis à la jeunesse et ne proposons pas de le faire. De toute évidence, la définition devrait aller au-delà de la limite d’âge prévue dans la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (18 ans), jusqu’au début ou au milieu de la vingtaine, mais il n’y a aucun avantage à essayer d’être plus précis que cela lorsqu’on étudie les causes de la violence chez les jeunes et les mesures nécessaires pour les combattre.

Lorsqu’on nous a confié cette mission, on nous a demandé de ne pas réinventer la roue, ce que nous n’avons pas jugé nécessaire d’ailleurs. Les bonnes idées et les bonnes actions abondent. À ce propos, nous avons découvert nombre de « roues » excellentes. Le problème, c’est qu’elles ne sont pas toutes fixées sur le même véhicule et, quand elles le sont, les systèmes de direction et les conducteurs vont dans des directions différentes et ne s’entendent pas sur la destination.

C’est pourquoi nous plaçons la gouvernance au sommet des priorités et avons préféré donner des conseils que présenter des recommandations. L’important est de cibler les interventions et de nous assurer que nous allons tous dans la même direction.

Nous savons que la destination que nous décrivons dans notre rapport est la bonne. Le but est de réparer le contexte social qui s’est brisé pour beaucoup de jeunes, de renforcer les quartiers et les organismes communautaires, d’établir des objectifs clairs pour les initiatives visant les jeunes, de mobiliser ces derniers, de leur donner de l’espoir et de leur offrir des possibilités, et d’aligner les ministères provinciaux afin qu’ils appliquent un programme de changement à long terme, coordonné et concerté, y compris en travaillant de manière efficace avec d’autres ordres de gouvernement et les habitants des quartiers.

Maintenant que nous avons décrit cette destination, nous préférons laisser les détails au processus de planification présenté dans le rapport. Nous ne faisons pas beaucoup de recommandations détaillées, car nous ne voulons pas que les gens croient qu’il existe des solutions claires et discrètes à des problèmes profonds et complexes. Nous pensons que seule une approche intégrée, concertée et durable à l’égard des causes sera efficace. Nous proposons donc qu’un organisme soit créé au coeur du gouvernement avec le mandat et les ressources nécessaires pour donner suite à nos conseils, les situer dans le programme du gouvernement, déterminer les priorités, établir des liens entre les ministères et avec d’autres ordres de gouvernement, et gérer un processus de renforcement des communautés dans toute la province et d’intervention pour répondre à leurs besoins. Ce n’est qu’avec ce genre d’organisme et d’approche qu’il sera possible de produire un plan cohérent à long terme pour la province, d’établir des programmes pour les ministères individuellement et collectivement, de fixer des objectifs globaux et intermédiaires, et de surveiller les efforts déployés pour réaliser ces objectifs et assurer une réponse alignée et durable.

Grâce à ce genre de coordination et de leadership, nous pourrons compter sur les ministères ontariens et leurs partenaires pour qu’ils effectuent la planification détaillée nécessaire pour appliquer les conseils fournis dans notre rapport. Il est inutile de consacrer trop de temps à cet exercice, mais de nombreux ministères devront y participer. Compte tenu de cet objectif et de la structure de leadership que nous proposons, l’exercice de planification devrait pouvoir être mené à bien et les plans publiés avant mai 2009.

Au final, les recommandations que nous présentons au premier ministre mettent l’accent sur la nécessité de reconnaître l’ampleur des problèmes et de s’y attaquer en créant de nouveaux mécanismes de gouvernance importants afin de coordonner les efforts et les personnes qui ont hâte de mettre la main à la pâte.

Nous conclurons cette introduction en mentionnant l’immense travail et le dévouement de toutes les personnes qui nous ont accompagnés tout au long de notre périple. Premièrement, nous remercions les personnes qui ont travaillé avec nous à plein temps, les voici dans l’ordre alphabétique : Jim Cowan, qui a dirigé notre processus de communication et de consultation, préparé l’ébauche du volume sur les points de vue des communautés et réalisé la plus grande partie des chapitres 5 et 8; Lu-Anne Dacosta, qui nous a conseillés dans un certain nombre de domaines et nous a fourni une aide précieuse pour le chapitre 2 et l’analyse des rapports précédents incluse dans le chapitre 6; Doug Ewart, qui a réalisé notre cadre analytique global, formulé des conseils en matière de politiques et rédigé l’essentiel du principal volume du rapport; Irwin Glasberg, qui a dirigé notre équipe, assuré la liaison avec le gouvernement et géré l’examen durant des périodes complexes et difficiles; Roxanne Kalimootoo, qui nous a aidés à administrer le projet et a fourni des conseils d’expert pour certaines questions, dont le racisme et l’éducation; Lorrie MacKinnon, qui a également travaillé à l’administration, a géré le processus d’approvisionnement, a participé à l’analyse des rapports précédents pour le Chapitre 6 et s’est occupée de la publication de notre rapport; et Roberta Ross, dont nous soulignons le travail d’administration exceptionnel et l’énergie extraordinaire.

Nous remercions également les personnes qui ont travaillé avec nous à temps partiel (dans l’ordre alphabétique également) : Judy Bew, du cabinet d’avocats Gowlings, pour son travail d’administration hors pair; Ryan Charles, élève du secondaire qui suit un programme d’éducation coopérative, pour ses points de vue importants; Arda Ilgazli, stagiaire au Conseil des ministres, pour ses analyses; Kevin King, fonctionnaire qui possède une vaste expérience et d’excellents contacts dans les domaines de la jeunesse, de la race et de la violence, pour ses nombreux conseils en matière de politiques; Sandy Prosa, de Gowlings, pour son solide soutien administratif; et Mary Roy, pour ses compétences et son professionnalisme dans la préparation du manuscrit.

Nous tenons également à remercier quatre autres personnes pour leur collaboration inestimable. Frances Lankin, de Centraide Toronto, et Nancy Matthews, de la ville de Toronto, qui ont participé à nombre de nos réunions et discussions de politiques, nous ont accompagnés en Angleterre et nous ont fourni de nombreux conseils stratégiques judicieux et réfléchis; Alan Riddell, ancien directeur de la Neighbourhood Renewal Unit en Angleterre, qui nous a donné des renseignements très précieux à Toronto, nous a aidés à préparer nos réunions à Londres, a participé à la plupart de ces réunions, et nous a communiqué ses réflexions et analyses politiques sur d’importantes initiatives entreprises en Grande-Bretagne. Le professeur Scot Wortley, du centre de criminologie de l’Université de Toronto, qui a effectué un excellent travail de recherche pour notre examen, a participé à beaucoup de nos réunions, a rédigé deux comptes rendus et un texte important et nous a fait profiter du savoir-faire qu’il a acquis pendant les nombreuses années passées à analyser nombre des problèmes fondamentaux que nous avons été chargés d’étudier.

Nous soulignons également la brève mais précieuse contribution de trois personnes : Debbie Strauss et Elizabeth Kay-Zorowski, qui nous ont beaucoup aidés lors du lancement du projet grâce à leur savoir-faire considérable, et Jill Arthur, qui nous a consacré plusieurs semaines au terme du projet et nous a aidés à préparer ce qui constitue maintenant le chapitre 8 du rapport.

Finalement, nous souhaitons remercier sincèrement James R. Wright, haut commissaire du Canada à Londres, Bob Rochon, son adjoint intérimaire, et Gillian Licari, agente politique au haut-commissariat, pour les précieux contacts qu’ils nous ont fournis à Londres, leur exceptionnel travail d’organisation, ainsi que pour leur aimable hospitalité.

Nous avons déjà mentionné tout ce que nous devons aux nombreux organismes et personnes qui nous ont rencontrés ou ont présenté des soumissions écrites pour faire avancer notre travail. Nous avons mentionné leur nom à l’annexe 2 et nous remercions chaleureusement chacune de ces personnes pour leur temps, leurs compétences et leur confiance. Nous n’aurions jamais pu produire notre rapport dans le délai qui nous a été imparti sans le dévouement et l’engagement sans faille de chacune de ces personnes et de tous ces organismes.


Table des matières

Volume 1. Résultats, analyse et conclusions

Volume 2. Sommaire

Volume 3. Les points de vue des communautés