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Examen des causes de la violence chez les jeunes (2008)

Volume 1, chapitre 2 :

Déroulement de l’examen


Introduction

Le premier ministre McGuinty a donné le coup d’envoi de notre examen en juin 2007 en déclarant que « aucun parent ne devrait craindre de perdre un enfant suite à une effusion de violence » et qu’il est de notre devoir collectif de faire tout ce qui est en notre pouvoir « pour veiller à ce que les enfants, les écoles et les collectivités puissent s’épanouir en toute sécurité [...] et aider les jeunes à faire les bons choix » (annonce du premier ministre, 11 juin 2007). Il nous avait, au départ, demandé de remettre un rapport en mai 2008, mais l’ampleur de la tâche et le nombre de personnes désireuses de nous rencontrer nous ont contraints de reporter cette date jusqu’en septembre.

Durant l’été de 2007, nous avons travaillé avec le gouvernement de l’Ontario pour mettre sur pied le Secrétariat de l’examen des causes de la violence chez les jeunes, qui était chargé de nous seconder. Dirigé par un sous-ministre adjoint et installé au Bureau du Conseil des ministres, le Secrétariat réunissait une petite équipe, diversifiée et dévouée, de membres venant de différents secteurs de la fonction publique de l’Ontario. À son tour, le Secrétariat a retenu les services de Scot Wortley, criminologue et professeur à l’Université de Toronto, à titre de chercheur-conseil. Un élève d’une école secondaire de Toronto inscrit à un programme stages-études et un étudiant stagiaire ont rejoint l’équipe le temps d’un trimestre chacun et ont apporté un regard jeune à notre examen.

Par la suite, et après d’autres travaux préparatoires en juillet et au début d’août 2007, notamment des rencontres avec les sous-ministres des ministères intéressés au premier chef, nous nous sommes réunis à la fin d’août avec l’équipe du Secrétariat pour une session intensive de planification, conduite par un animateur. Il en est ressorti un plan de recherches nationales et internationales et un calendrier de consultations en divers lieux de la province destinés à orienter nos travaux.

Pendant cette première étape tournée vers l’ensemble de la province, nous nous sommes également attaqués au volet de notre mandat impliquant une collaboration étroite avec la ville de Toronto et Centraide Toronto, deux importants prestataires de services et bâtisseurs communautaires possédant une vaste connaissance des questions dont nous avions à traiter. La ville de Toronto et Centraide Toronto sont devenus des partenaires de premier rang dans l’exécution de notre mandat; leurs connaissances, leurs expériences et leurs recherches dans de nombreux domaines pertinents, dont la violence chez les jeunes, l’exclusion sociale, les quartiers défavorisés, l’épanouissement des jeunes et le développement des communautés, nous ont été d’une aide inestimable.

Début septembre, nous étions déjà bien lancés sur la route devant nous mener aux objectifs ambitieux qui nous avaient été fixés. Le premier ministre nous avait chargés de relever deux défis de taille. Premièrement, nous devions faire un état des lieux de la violence chez les jeunes et comprendre sa provenance (c.-à-d. ses causes). Deuxièmement, nous devions lui présenter des avis quant aux mesures à prendre pour aider les jeunes à se réaliser pleinement et aider nos écoles et nos quartiers à devenir des cadres de vie plus sûrs et sains où les jeunes peuvent s’épanouir. Le lecteur trouvera à l’annexe 1 le texte intégral du cadre de référence de l’examen qui nous avait été assigné. Pour remplir cette mission, le premier ministre nous a expressément demandé :

Dès que nous nous sommes attelés à cette tâche d’envergure, nous avons rapidement constaté que l’inégalité, la marginalisation sociale et le racisme étaient étroitement imbriqués dans plusieurs des causes de la violence chez les jeunes. Notre souci de trouver des réponses à ces questions systémiques ne date pas du jour où le premier ministre nous a chargés de cette mission et ne s’éteindra pas avec la remise du rapport. Si nous avons accepté d’entreprendre ce travail, c’est justement parce que ces sortes de questions nous préoccupent et nous mobilisent depuis longtemps et que, comme nous le disons au chapitre 5, nous croyons que l’Ontario est arrivé à une croisée des chemins et qu’il y aura péril en la demeure si l’on ne prend pas, maintenant, les mesures qui s’imposent.

Déroulement de l’examen

Pour remplir notre mandat et réunir les connaissances et les points de vue nécessaires sur un large éventail de questions dans le très court délai imparti, nous avons adopté une stratégie en cinq volets :

  1. faire participer les jeunes et recueillir leurs témoignages et leurs idées;
  2. tenir dans les quartiers des consultations organisées principalement par les jeunes de l’endroit, avec l’aide d’une animatrice ou d’un animateur, pour écouter ce que les jeunes ont à dire sur la violence chez les jeunes;
  3. faire des recherches dans un certain nombre de domaines ayant un rapport avec la violence chez les jeunes;
  4. engager des consultations ciblées avec autant d’informateurs et de groupes clés que possible dans le court laps de temps qui nous était alloué;
  5. permettre à toutes les personnes intéressées de la province d’accéder à nos travaux par l’intermédiaire d’un site Web, d’un sondage en ligne et d’un numéro de téléphone sans frais.

1. Participation des jeunes à l’examen

Nous ne pouvions pas espérer comprendre la violence chez les jeunes si nous n’en parlions pas avec les principaux intéressés, et plus encore, si nous ne les écoutions pas. Tout particulièrement, il était important de rencontrer les jeunes les plus touchés par le phénomène, pour les entendre parler non seulement de leurs expériences personnelles de la violence dans leurs communautés, mais aussi des façons dont ils y font face – et dont, parfois, ils la surmontent.

À cette fin, nous avons rencontré beaucoup de jeunes et, comme nous l’avons dit plus haut, nous avons fait en sorte que leurs témoignages occupent la place prépondérante dans les consultations menées auprès des gens des quartiers. Nous avons également consulté des intervenants auprès des jeunes et d’autres spécialistes s’occupant de mobiliser les jeunes et, au Secrétariat, nous avons bénéficié des apports des jeunes dans notre travail quotidien. Par ces différents moyens, nous avons eu constamment l’occasion d’entendre les jeunes parler des répercussions de la violence sur eux-mêmes et leurs communautés. Nous leur avons également demandé de faire des propositions quant aux moyens de contrer cette violence aux niveaux local et provincial.

En complément de ces stratégies d’écoute des jeunes, nous avons demandé à Grassroots Youth Collaborative (GYC), un collectif d’organisations de tous horizons raciaux et culturels dirigés par des jeunes, de nous aider à joindre les jeunes que, sinon, nous avions peu de chances d’entendre. En l’occurrence, nous avons demandé au GYC :

Les points de vue des jeunes de tous horizons sur les questions relatives à la violence et à la jeunesse, que le GYC a collectés à notre intention, ont été particulièrement utiles pour comprendre ce que vivent de nombreux jeunes et leurs visions pertinentes sur les solutions comme sur les problèmes. Les conclusions des travaux du GYC sont publiées dans le Volume 3.

Bien que des jeunes Autochtones aient pris part aux séances de consultation des gens des quartiers dont nous parlerons plus bas, nous avons également veillé à donner à la jeunesse autochtone la parole dans le contexte qui lui est spécifique, en cherchant plus particulièrement à entendre les jeunes de 17 à 24 ans qui vivent dans une variété de centres urbains. Dans ce but, nous avons chargé l’Ontario Federation of Indian Friendship Centres (OFIFC), la fédération des centres d’amitié autochtone de l’Ontario, de tenir des consultations afin de recueillir les opinions et les recommandations des jeunes Autochtones sur la question de la violence chez les jeunes. Situés dans les différentes régions de l’Ontario, les centres d’amitié sont des organisations sans but lucratif qui fournissent aux jeunes Autochtones en milieu urbain des services adaptés à leur culture.

En juin 2008, des séances de consultation ont été organisées dans sept villes du Nord (Kenora, Fort Frances, Thunder Bay, Sault Ste-Marie, Sudbury, Timmins et North Bay). Une autre séance a été organisée à Toronto le 12 juin 2008 pour réunir des jeunes de Toronto, d’Ottawa, de Hamilton, de London, de Niagara/Fort Erie et de Barrie, séance à une partie de laquelle nous avons assisté. Nous y avons entendu le compte-rendu des consultations réalisées dans le Nord et des témoignages des personnes présentes à Toronto. Nous sommes reconnaissants à l’OFIFC d’avoir organisé ces consultations, invité les jeunes participants et résumé pour nous les points de vue et recommandations entendus dans les différentes séances. Les 143 jeunes provenant de 13 communautés qui ont pris de leur temps pour participer nous ont apporté des éclairages importants sur les questions à l’étude. Les résultats de cette consultation sont résumés au Volume 3 du rapport.

Il était également important de parler avec des jeunes incarcérés pour mieux comprendre leurs sentiments sur la violence et les obstacles qui se dressent devant eux du fait de leur situation. Au début de 2008, nous nous sommes rendus au Brookside Youth Centre, un établissement pour jeunes administré par la province, à Cobourg en Ontario. Cet établissement de garde en milieu fermé, doublé d’une école secondaire, reçoit des jeunes hommes qui ont eu des démêlés avec la justice. Dans ce centre, huit jeunes d’origines diverses ont passé une journée à partager avec nous leurs parcours et leurs espoirs pour l’avenir. Leurs témoignages nous ont rappelé que les jeunes dont le chemin a déjà croisé la violence demeurent capables d’espoir, de réflexion et de sagesse.

Tout au long de l’examen, il a été encourageant et inspirant de rencontrer autant de jeunes qui s’efforcent d’améliorer la sécurité et le cadre de vie dans la province. Ces jeunes gens, ainsi que les intervenants auprès des jeunes à qui nous avons parlé, nous ont profondément impressionnés par leurs vues et leurs idées. Nous avons souvent été époustouflés par leur courage, leurs réalisations et la générosité qu’ils déploient pour aider les jeunes à surmonter des circonstances extraordinairement difficiles et à persévérer pour réaliser leur potentiel et améliorer la qualité de vie dans leurs communautés.

2. Séances de consultation des gens des quartiers

Avec l’aide de conseillers, nous avons chargé des leaders de groupes de jeunes locaux, de huit différents quartiers de l’Ontario, de planifier et de préparer des séances qui nous permettraient d’écouter directement des membres, des leaders et des jeunes des quartiers nous parler des répercussions de la violence sur leurs communautés et de la façon dont ils gèrent cette problématique au niveau local. Les quartiers où nous sommes allés se trouvent à Ottawa (Pinecrest-Queensway), à Thunder Bay, à Kitchener-Waterloo (Downtown Market), à Hamilton (McQueston), dans le nord-ouest de Toronto (Jane et Finch, et Jamestown), et dans le sud-est et le nord-est de Toronto (Kingston-Galloway et L’Amoreaux).

Notre choix s’est arrêté sur ces quartiers particuliers, parce que, étant donné le peu de temps disponible, nous pensions pouvoir nous y faire une bonne idée de la façon dont des communautés de différentes régions de la province – vivant différentes expériences de la violence chez les jeunes, à différents stades, et utilisant différentes approches – font face à ce problème extrêmement grave. Nous tenions également à ce qu’il s’agisse de secteurs dans lesquels oeuvrent des animateurs jeunesse qui ont la crédibilité, la connaissance et les réseaux requis pour planifier et organiser des consultations où nous pourrions entendre les vraies voix des quartiers.

Les séances de consultation des gens des quartiers ont été organisées de manière que les groupes communautaires, aidés d’une animatrice ou d’un animateur engagé pour l’occasion, aient le temps de réfléchir aux questions auxquelles notre rapport devait répondre et de préparer une réunion au cours de laquelle ils pouvaient communiquer efficacement leur information, leurs idées et leurs impressions sur la violence chez les jeunes dans leurs quartiers. En particulier, nous souhaitions accéder à une meilleure compréhension des éléments suivants :

Dans chaque quartier, les jeunes sélectionnés par nos conseillers ont travaillé pendant plusieurs semaines avec des particuliers et des groupes de leur communauté pour collecter des renseignements et des points de vue sur les répercussions de la violence chez les jeunes et les défis qu’elle pose. Ils ont aussi recueilli les perceptions des jeunes des quartiers sur ce qui fonctionnait et ne fonctionnait pas, chez eux, pour lutter contre les causes sous-jacentes de cette violence. Après ces préparatifs, avec des délais forcément resserrés, nous sommes allés dans chaque quartier rencontrer les représentants désignés par le quartier.

Les animateurs qui ont préparé et dirigé la discussion dans chaque quartier ont recueilli chacun, en moyenne, les réactions et les avis d’une cinquantaine de personnes. En tout, plus de 400 participants qui habitent ou travaillent dans les huit quartiers, ou les deux, ont pris part aux séances de consultation des gens des quartiers et environ la moitié ont pris part aux séances auxquelles nous étions présents. Le profil et le vécu des jeunes participants étaient des plus divers : personnes scolarisées ou non scolarisées, parents célibataires, itinérants, personnes associées à un gang et personnes au travail ou au chômage. Certains avaient eu des démêlés avec la justice pénale. Au nombre des adultes qui ont participé aux consultations dans les quartiers se trouvaient des parents, des enseignants, des agents de probation, des agents de police, des élus, des intervenants en services sociaux et des bénévoles.

Ces séances de consultations ont été pour nous une mine d’idées et d’inspirations. Nous engageons vivement le lecteur à en lire la synthèse jointe au Volume 3. Nous sommes profondément reconnaissants de la confiance que les participants nous ont témoignée en nous donnant encore et encore de leur temps et de leur savoir. Nous espérons vivement qu’ils verront leur confiance récompensée en mesurant toute l’influence qu’ils ont eue sur notre travail et nos conclusions.

Nous avons également beaucoup appris au cours de nos visites impromptues à Windsor, à Etobicoke et dans la région de Peel, et de nos nombreuses conversations à bâtons rompus avec des gens de tous horizons tout au long de notre examen. Nous remercions tous ceux et celles que nous avons rencontrés pour leurs observations utiles.

3. Recherche

La violence chez les jeunes est un problème épineux dans de nombreuses municipalités et régions rurales de l’Ontario. Elle n’est pas le triste apanage de Toronto. Pour nous assurer d’obtenir une vue complète des programmes et des services offerts aux jeunes dans toute la province, nous avons demandé aux ministères concernés au premier chef de nous fournir un inventaire des programmes et services qu’ils financent ou qu’ils administrent en matière de lutte contre la violence. Notre intérêt allait aux programmes et services qui répondent à un ou à plusieurs des critères suivants : ils ciblent la violence chez les jeunes; ils s’adressent aux jeunes de manière générale; ils tentent de combattre les causes sous-jacentes de la violence et d’autres comportements négatifs au niveau de la famille; ils sont d’application générale, mais les ministères considèrent qu’ils contribuent à combattre à la source la violence chez les jeunes. Nous avions également demandé aux ministères, par le truchement des organismes bénéficiant de paiements de transfert ou des groupes communautaires qui administrent des programmes pertinents, de répertorier les programmes de ce genre qui étaient offerts dans les huit quartiers que nous avons visités à l’occasion des consultations.

Cet inventaire des programmes devait nous permettre de savoir quels programmes existaient dans le domaine de la lutte contre la violence chez les jeunes, puis de déterminer s’ils avaient été évalués et, si oui, comment. Nous avons ensuite regardé la manière dont globalement les dépenses de programmes cadrent avec les meilleures pratiques qui ont été définies par les évaluations de grande qualité en Ontario et ailleurs, et nous avons cherché à repérer les éventuelles lacunes des programmes de l’Ontario. Le chapitre 8 présente les résultats de ce travail.

Nous avons également demandé aux ministères de nous fournir des analyses documentaires et des comptes rendus de recherche sur divers sujets, dont les questions de santé mentale, les stratégies visant à mobiliser les jeunes par des programmes sportifs, artistiques et de leadership, les gangs et les armes à feu. Pour une liste complète des rapports de recherches menées par les ministères, veuillez consulter l’annexe 2. Ces rapports ont également fait avancer notre compréhension sur plusieurs questions se rapportant à la jeunesse et à la violence, en particulier d’un point de vue provincial. Nous avons aussi rencontré individuellement des sousministres provinciaux en septembre 2007, et de nouveau au printemps et à l’été 2008, pour qu’ils nous éclairent de leurs connaissances en tant que hauts fonctionnaires sur la question de la violence et des questions relatives à la jeunesse plus généralement.

Notre chercheur-conseil, Scot Wortley, a préparé des analyses documentaires complètes dans deux domaines d’intérêt : les causes de la violence chez les jeunes et la prévention de la criminalité dans la communauté. Nous avons également chargé d’autres universitaires de mener des recherches sur des thèmes précis : l’effet des approches d’application de la loi sur l’incidence des crimes violents; les perspectives critiques de la race sur la violence chez les jeunes; la méthode permettant de déterminer les quartiers de la province qui concentrent des groupes économiquement défavorisés; une analyse comparative des approches de la justice pour la jeunesse. Ces travaux, et nos rencontres avec leurs auteurs, ont enrichi et élargi nos points de vue sur plusieurs questions de première importance.

En outre, nous avons demandé à l’Institute on Governance, un organisme sans but lucratif dont la mission est de promouvoir la gouvernance efficace, d’examiner les questions de structures et de gouvernance et de préparer une proposition sur la façon dont l’Ontario pourrait se doter d’une approche de lutte contre les causes de la violence chez les jeunes qui soit exhaustive, ciblée et coordonnée. Avec l’assistance de George Thomson, ancien sous-ministre fédéral et provincial, l’Institute on Governance a passé en revue les recherches et les rapports traitant des questions de gouvernance au Canada et à l’étranger. Ils ont ensuite rédigé une analyse éclairante de certaines approches canadiennes et étrangères favorisant la coordination des politiques et des opérations au sein des gouvernements et entre eux, et avec les communautés et le secteur sans but lucratif.

Quand nous avons commencé à dépouiller les écrits des universitaires et autres intellectuels sur les causes de la violence chez les jeunes et sur la prise en charge de ce phénomène, il est rapidement apparu que d’autres pays avaient élaboré d’importantes approches dans ce domaine. Plusieurs de ces approches auraient valu la peine d’être étudiées de près, mais une seule a pu l’être à cause des délais impartis.

Ayant appris que le Royaume-Uni avait un nombre important de projets phares, nous sommes allés à Londres en avril 2008 pour découvrir de première main si ces projets pouvaient être appliqués en Ontario et, si oui, selon quelles modalités. Nous y avons recueilli une information inestimable dans des domaines d’intérêt particulier : la lutte contre l’exclusion sociale; la prévention de la criminalité et la réduction de la pauvreté par des stratégies d’établissement de politiques et de prestation de services axées sur les réalités locales; les initiatives de gouvernance des structures indispensables au succès des actions menées dans ces domaines; la collecte de données, en particulier sur la dimension raciale; les mécanismes de dépistage et de surveillance; la mobilisation des communautés; la très vaste stratégie antiracisme du Royaume-Uni. À la suite de notre travail auprès de la ville de Toronto et Centraide Toronto, les représentants de ces institutions nous ont demandé d’être du voyage et nous avons été très heureux d’avoir les points de vue d’un grand bailleur de fonds et de cette administration municipale au cours de nos rencontres.

Dans l’ensemble, nous avons rapporté de cette visite non seulement des renseignements précieux et des exemples forts des approches que nous recommandons ici, mais aussi une optique importante pour examiner ce que nous avons appris auprès de nos nombreuses sources canadiennes.

4. Consultations ciblées

Les consultations ciblées qui se sont tenues de septembre 2007 à mai 2008 ont été une autre source importante d’information et de conseils. Accompagnés des membres du Secrétariat, nous avons tenu des réunions avec plus de 200 particuliers et organismes. Nous avons rencontré plusieurs groupes, dont l’Association des chefs de police de l’Ontario, le Centre de toxicomanie et de santé mentale, l’African Canadian Legal Clinic, les Tropicana Community Services, la Toronto Community Housing Corporation, le Fonds Action Jeunesse et la Space Coalition, pour n’en citer que quelques-uns. Une liste des personnes rencontrées est jointe à l’annexe 2.

Ces personnes et ces organismes réalisent déjà un travail considérable pour combattre et prévenir la violence chez les jeunes. Ils nous ont généreusement consacré de leur temps pour nous livrer des avis et des idées de très grand intérêt qui nous ont aidés à dessiner l’approche que nous recommandons au premier ministre. Invariablement, leur dévouement, leur énergie et leurs idées nous ont profondément impressionnés. Cependant, nous regrettons de n’avoir pu rencontrer tous ceux et celles que nous aurions aimé entendre, à cause des contraintes de l’échéancier de l’examen. Aussi avons-nous invité tous ces particuliers et organismes à nous adresser un mémoire écrit. La liste de ceux et celles qui ont envoyé un mémoire est jointe à l’annexe 2.

Enfin, conscients de leurs rôles importants dans leurs communautés, nous avons également écrit à tous les députés provinciaux et fédéraux représentants des circonscriptions de l’Ontario pour les informer des travaux menés dans le cadre de l’examen et solliciter leurs observations. Plusieurs députés provinciaux et fédéraux ont répondu et nous ont fait profiter de leurs connaissances et de leurs conseils.

5. À l’échelle de la province

Pour nous assurer que tous les Ontariens et toutes les Ontariennes aient la possibilité de se faire entendre sur ces questions si importantes, nous avons aussi ouvert le site Internet http://www.children.gov.on.ca/htdocs/french/professionals/oyap/roots/index.aspx. Nous y avons affiché des renseignements généraux sur notre mandat, les numéros et adresses où nous joindre, un guide de discussion pour faire ressortir les questions clés à examiner, ainsi qu’un mécanisme de sondage destiné à recueillir les réactions au sujet de l’examen. Nous avons reçu par le canal du site Web plus de 5 400 réponses au sondage, dont le lecteur pourra trouver une synthèse dans le Volume 3. À l’intention des personnes qui préféraient soumettre leurs observations par téléphone, nous avions aussi créé une ligne sans frais, mais elles ont été peu nombreuses à choisir ce moyen.

Conclusion

Nous avons demandé conseil aux Ontariens et aux Ontariennes parce que nous croyons que notre examen des causes de la violence chez les jeunes ne peut déboucher sur un changement durable que s’il est nourri des expériences, des connaissances et de la sagesse des jeunes de l’Ontario, et de la population en général. Nous avons reçu beaucoup plus d’aide que personne n’aurait pu le prévoir et nous espérons que le présent rapport rend justice à cette aide – et qu’il rend hommage à tous ceux et celles qui l’ont prodiguée avec tant de générosité et d’obligeance.


Table des matières

Volume 1. Résultats, analyse et conclusions

Volume 2. Sommaire

Volume 3. Les points de vue des communautés